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3 Franciscains martyrs d'Ethiopie (1716)

Bx Samuel MARZORATI, Liberat WEISS et Michel Pie FASOLI DA ZERBO

 

Le christianisme est apporté en Éthiopie par les chrétiens coptes égyptiens dès les premiers siècles de l’Église. Mais au Ve siècle, ils adoptent le monophysisme, hérésie d’Euthychès, pour qui la nature humaine du Christ a cessé d’exister comme telle, étant assumée par sa personne divine de Fils de Dieu ; cette doctrine est condamnée par le Concile de Chalcédoine en 451.

Au cours des siècles, malgré la forte pression de pays musulmans qui l’entourent, cette église éthiopienne réussit à tenir dans la foi. Elle est même très fervente et le pays compte de nombreux monastères florissants. Mais elle est isolée et à cause des menaces extérieures, le roi d’Éthiopie, le ‘négus’, fait appel aux chrétiens latins à la fin du XVe siècle. Au 16e et jusqu’au début du 17e, des jésuites essayent de s’implanter dans le pays, mais après avoir obtenu quelques succès, leur entreprise échoue quand ils tentent de supprimer certains usages (observance du sabbat, circoncision). À cette époque-là, l’Éthiopie est encore une région très peu connue des chrétiens occidentaux et il est difficile d’établir des relations entre les deux églises, romaine et éthiopienne, car il y a des incompréhensions dues à l’ignorance réciproque de la langue, aux différences de mentalités et à la culture.

Néanmoins, au début du 18e siècle, la Congrégation Pro propaganda fide (“pour la propagation de la foi”) envoie un groupe de franciscains. Cela se solde par un échec en 1710. L’année suivante, la Congrégation décide une nouvelle tentative en suivant un itinéraire à partir de l’Égypte. Le groupe est composé de trois franciscains, le Père Libérat Weiss, allemand, nommé Préfet apostolique, et deux Italiens, les Pères Samuele Marzorati et Michele Pio Fasoli. Ils partent le 3 novembre 1711, et arrivent à Gondar, la capitale, en 1712. Ils sont bien accueillis par le négus. Ils peuvent se déplacer et prêcher, mais pas en dehors de leur église, car le peuple est méfiant vis-à-vis des européens. Ils apprennent la langue et soignent les plus pauvres et les nécessiteux, qu'ils soient musulmans ou chrétiens coptes, manifestant à tous leur considération fraternelle. Une fois qu’ils se sentent admis, les franciscains commencent à dialoguer de façon courtoise et à exposer la foi catholique. Colère des coptes. Pour éviter des désordres dans un pays déjà troublé, le négus, doit malgré lui éloigner les missionnaires en les envoyant dans la province du Tigré. Mais lorsque le roi tombe malade, c’est un prétexte utilisé par ses opposants pour le mettre à l’écart et installer un autre roi à sa place. Les missionnaires sont ramenés à la capitale pour y être jugés. On leur promet la vie sauve s’ils acceptent la foi et les usages coptes. Ils restent fermes dans la foi catholique et, condamnés à mort après un procès factice, ils sont lapidés sur les pentes du mont Ambo Abo, près de Gondar, le 3 mars 1716.

Dans l’homélie de béatification, le pape Jean-Paul II fait ainsi leur éloge : « Par leurs travaux missionnaires, leurs souffrances et leur mort, les martyrs Liberat, Samuele et Michele Pio sont des exemples éclatants de la façon dont la vérité peut être annoncée et vécue, sans pour autant renoncer à l’amour. » Avec le Pape, notons qu’à l’heure actuelle, les deux Églises sœurs (romaine et copte éthiopienne) entretiennent de bons rapports œcuméniques, et elles œuvrent ensemble pour alléger la peine de ceux qui souffrent.

Bienheureux Samuel MARZORATI

Antoine François Marzorati naît en 1670 à Biumo, près de Varèse, en Lombardie (Italie). Il connaît les franciscains dès sa jeunesse et à vingt-deux ans il entre au couvent franciscain de Lugano en Suisse. Ayant demandé d’aller en mission, ses supérieurs l’envoient à Rome pour se former dans ce but. Après avoir accompli un premier ministère, il part en mission et arrive au Caire en 1701. Il fait une tentative infructueuse d’implantation missionnaire dans (Océan indien) de 1705 à 1710. Pendant le même temps, d’autres franciscains font une tentative, infructueuse elle aussi, d’implantation en Éthiopie avec une groupe comprenant huit franciscains, dont le Père Libérat Weiss . La Congrégation de la “Propagation de la Foi” demande de faire une deuxième tentative en Éthiopie. Ils partent à trois, le Père Libérat Weiss, nommé Préfet apostolique, le Père Samuele Marzorati et le Père Michele Pio Fasoli da Zerbo  . Les trois franciscains subiront le martyre ensemble. Ils seront béatifiés ensemble par Jean-Paul II.

Bienheureux Libérat WEISS

Jean Laurent Weiss naît en 1675 à Konnersreuth en Bavière (Allemagne). Élevé dans une école monastique à Waldsassen, il entre à 18 ans chez les Franciscains en Autriche et commence son noviciat à Graz en 1693. Il reçoit le nom de Libératus (Libérat). Cinq ans plus tard, il est ordonné prêtre à Vienne. Quand les supérieurs demandent des volontaires pour la mission d’Éthiopie, il est un des nombreux à donner son accord. En 1705, parti d’Égypte avec un groupe d’un dizaine de franciscains, il se dirige vers l’Éthiopie en se joignant à une caravane de marchands, mais ils sont arrêtés au Soudan qui connaît des troubles politiques. Rome ayant demandé une deuxième tentative, le Père Libérat, nommé Préfet apostolique, repart avec le Père Michel Pio Fasoli da Zerbo    (un de ses compagnons de la première expédition) et un troisième, le Père Samuel Marzorati. Pour cette deuxième tentative d’implantation qui se soldera par le martyre, l’histoire du Père Libérat se confond avec celle de ses deux autres compagnons martyrs.

 

Bienheureux Michel Pie FASOLI DA ZERBO

Michele Pio Fasoli naît à Zerbo près de Pavie (Italie) en 1676. Il entre chez les Franciscains et après son ordination sacerdotale, il enseigne la théologie, puis se porte volontaire pour la mission d’Éthiopie. Il fait partie d’un 1er groupe de huit Franciscains qui partent en 1705. Ils sont arrêtés au Soudan qui connaît des troubles politiques et ils comptent rester sur place en attendant un moment plus favorable pour aller plus loin ; mais menacés de mort, ils doivent revenir au Caire en 1710. Rome ayant demandé une deuxième tentative, il repart avec le Père Libérat Weiss,  nommé Préfet apostolique, ainsi que le Père Samuel Marzorati  . Cette fois-ci, ils atteindront l’Éthiopie, mais leur séjour sera couronné par le martyre.

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/fg018.htm

 

 

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