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| Janvier |
Saint Amand
A la mort de Saint Jean l'Agneau en 637, le roi
Dagobert désigna Amand pour lui succéder. Saint Amand fut l'un des plus
célèbres saints Belges, et l'importance de son apostolat est
considérable. C'est une vie profondément humaine que celle de Saint
Amand, très différente des clichés de l'hagiographie traditionnelle où
l'on ne conte que vertus, succès et miracles. Pour Amand, nous
connaissons ses échecs, ses craintes, ses dégoûts, ses états d'âme. Il
est l'un des saints de cette époque les mieux connus, et l'un des plus
proches de nous.
Amand était né à Herbauge, près de Nantes, le 7 mai
594. Ses parents étaient de condition illustre, certaines sources
avancent que son père était duc d'Aquitaine. Mais renonçant très tôt aux
choses du monde, Amand quitta la maison paternelle et se retira dans un
monastère bâti sur une île près de
Ses pas le mèneront premièrement à Tours, où il prie
sur le tombeau de Saint Martin. Il est même reçu quelque temps dans le
clergé de cette église. Puis, avec la bénédiction de ses supérieurs, il
se rend à Bourges où l'évêque Saint Austregisile lui fait bâtir une
cellule aux alentours de l'église. Amand y demeure durant 15 ans,
jeûnant et priant, puis il décide de faire le pèlerinage de Rome pour
visiter les tombeaux des Saints Apôtres Pierre et Paul. Son apparence
extérieure devait être misérable, car à Rome, comme il demande à veiller
une nuit devant les saints tombeaux, il en est chassé comme malpropre
par les gardiens! Cette aventure lui arrivera d'ailleurs maintes fois
dans sa vie. Et comme il méditait, assis sur les marches de la
basilique, sur la cruauté des hommes envers leurs semblables, Amand eut
une vision au cours de laquelle l'apôtre Pierre lui montra le chemin de
Amand obéit, et ayant reçu en 626, des mains de Saint
Achaire, la consécration épiscopale sans résidence déterminée, il
s'enfonce dans les forêts du Nord et se rend en premier lieu sur les
rives de l'Escaut, accompagné de quelques amis qui s'empressent de...
l'abandonner aux premières difficultés. Demeuré seul, le saint prêche
d'abord dans les régions de Gand et de Tournai. Il y trouve un peuple
qui, après avoir reçu le Christianisme, était retourné aux faux dieux,
et si farouche que les prêtres n'osaient plus entreprendre de
l'évangéliser. Longtemps, Amand erre sans asile, abandonné de tous fors
de Dieu, accablé d'injures par les femmes et de coups par les hommes, et
plusieurs fois précipité dans les eaux glacées des rivières.
Il y avait en ces temps-là un brigand fameux nommé
Bavon, originaire de Hesbaye, et parent, dit-on, de saint Pépin de
Landen. Il ne connaissait comme loi que la force et n'avait d'autre but
dans la vie que d'assouvir ses passions. Parti de Hesbaye pour exercer
le pillage dans les forêts du Mempisque, il s'empara un jour d'Amand, et
celui-ci résolut de le convertir, sans se laisser rebuter par les
difficultés. Il prévoyait que la conversion d'un tel homme serait pour
les populations un formidable exemple qui ramènerait un grand nombre au
service du Seigneur. Les efforts d'Amand furent finalement couronnés de
succès : Bavon prit conscience de ses erreurs, et se convertit. Dès ce
moment, il mit autant d'ardeur à pratiquer le bien qu'il n'en avait mis
à satisfaire ses passions. Cette conversion eut un énorme
retentissement, et plusieurs des anciens compagnons de Bavon
commencèrent à suivre ses traces.
Bavon avait abandonné une partie de ses biens à
Amand, pour faire élever une église dans les lieux qu'il avait souillés
de ses crimes. Cette église sera à l'origine de la cathédrale de Gand.
Et Amand, encouragé par ce premier succès, entreprit alors de convertir
les environs dont les peuples pratiquaient encore le culte de Mercure et
de quelques autres divinités païennes. Le saint missionnaire fit
partout tomber les idoles et éleva sur les lieux où elles étaient
adorées des églises et des monastères.
Mais il est d'autres idoles plus difficiles à abattre
que les statues de Mercure : les vices du Roi Dagobert et de sa cour ne
cessaient de scandaliser le peuple. Amand prit la résolution de
réprimander le roi de ses désordres. Mais Dagobert, plus habitué à la
flatterie qu'aux reproches, ne l'entendait pas de cette oreille: il
chassa l'importun de la cour après l'avoir fait rouer de coups de bâton,
et l'exila de son royaume. Amand s'en fut, une nouvelle fois, seul et
rejeté, et parvint sur les rives du Danube où il se mit à évangéliser
les Slaves. Mais son éternelle solitude finit par lui peser: il se rend
alors à Rome pour demander au Pape des compagnons pour ses voyages
d'évangélisation. Il en obtint plusieurs, dont un homme célèbre par ses
vertus nommé Landoald, dont nous reparlerons.
Sur ces entrefaites, le roi Dagobert était revenu à
de meilleurs sentiments. Ayant épousé la sage Ragentrude, il en avait eu
un enfant (qui deviendra Saint Sigebert), et se souvenant du zèle
d'Amand pour la vertu, il souhaita que son enfant reçût de lui le saint
Baptême. Il rappela donc d'exil le saint évêque, et par la suite, lui
témoigna autant d'estime pour sa personne que de respect pour ses
conseils.
Saint Jean l'Agneau étant mort, comme nous l'avons
dit, en 637, Dagobert pressa Amand d'accepter de diriger le diocèse de
Tongres-Maastricht (On remarque de plus en plus à cette époque une
tendance des grands de ce monde d'intervenir dans le choix des évêques,
au lieu de s'en tenir à l'élection comme aux premiers temps de
l'Eglise). Amand aurait préféré continuer son apostolat dans les
différentes contrées qu'il avait évangélisées, mais peu soucieux de
subir une nouvelle fois les foudres du roi, il finit par accepter la
charge qui lui était offerte.
Il n'en fut guère heureux, et s'affligea souvent du
fait que de grands personnages, qui auraient dû seconder ses efforts, ne
cessaient au contraire de scandaliser le peuple par leur conduite et
restaient insensibles à ses appels à la conversion. Aussi ne
demeura-t-il que 3 ans au siège épiscopal. Puis, désolé de ne pouvoir
convertir les grands de ce monde, il confia le soin de son diocèse à son
disciple Landoald, et repartit répandre la parole divine chez les
Gantois.
Dans un premier temps, il ne délaisse pas totalement
le diocèse de Tongres, puisque c'est lui qui conseille à Sainte Itte,
veuve de Pépin, et à sa fille Gertrude, d'établir à Nivelles un
monastère de religieuses. Mais ensuite, affligé par les désordres qui
règnaient dans son diocèse, il songe alors à s'en démettre
officiellement et écrit en ce sens au Pape Saint Martin. Celui-ci
l'engage à supporter courageusement les peines qui sont inhérentes à
l'épiscopat, et lui conseille de faire preuve de plus de sévérité à
l'égard des pécheurs endurcis.
Amand dut donc continuer à porter le fardeau de
l'épiscopat, mais il n'était pas homme à renoncer à un projet. Il revint
donc à la charge, et en 650, il obtint enfin la permission de donner sa
démission. Il se retira dans la solitude d'un monastère qu'il avait
fondé à Elnone, aujourd'hui Saint-Amand-les-eaux, à quelques kilomètres
de Valenciennes. Mais il ne profita pas longtemps de sa retraite, et
l'année suivante, il s'éteignait saintement dans le Seigneur. On raconte
que Sainte Aldegonde, en prières à l'heure de sa mort devant un autel de
Merci à Jean Michel Dossogne pour le partage de ce texte
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