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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Saint Bernard de Corleone LATINO
C'est une figure
haute en couleur que celle de Frère Bernardo da Corleone (dans le siècle
Filippo Latino), le bouillant et doux Sicilien que Jean Paul II canonise
le 10 juin 2001 avec deux autres Italiens, une Italienne et Rafka, une
moniale libanaise.
Il naît en 1605 à
Corleone (Sicile) dans une "maison de saints" aux dires du peuple. En
effet son père, excellent cordonnier, exerce la miséricorde à l'égard
des pauvres, les lavant, les habillant et les nourrissant. Les enfants
suivent son exemple. Dans un tel milieu, Filippo ne tarde pas à
s'initier à ces pratiques de charité avec, en plus, une grande dévotion
envers le Christ et la Vierge Marie. Malheureusement il n'a qu'un
défaut: la promptitude à tirer l'épée. C'est un fameux "spadassin" (un
redoutable ferrailleur, dirons-nous plus simplement), "la meilleure lame
de Sicile". Ce penchant effraye ses parents. Effectivement, à l'âge de
19 ans, provoqué par un tueur à gages, il le blesse et l'autre perd le
bras. Terrifié, il lui demande pardon. L'autre deviendra son ami. De
quoi faire mûrir une vocation.
A 27 ans, en 1631,
il entre comme frère lai au noviciat des capucins de Caltanissetta
(Sicile). Désormais il s'appellera Frère Bernard de Corleone, d'après sa
ville d'origine, selon la coutume franciscaine. Il passe dans différents
couvents de sa province sicilienne, exerçant la fonction de cuisinier. A
cette occupation, la charité le pousse à joindre beaucoup d'autres
choses: soin des malades, aide aux pauvres, services divers. Dans le
couvent, il lave les habits des prêtres, et finalement, de presque tous
les frères. Il trouve encore le moyen d'aider le sacristain, bonne
occasion pour lui d'être le plus souvent possible auprès du Seigneur. Il
prie sans cesse, selon les témoins, et reçoit des grâces de haute
contemplation. On est stupéfait de voir ce frère lai, analphabète,
parler avec autant de profondeur de la Sainte Trinité. Il communie tous
les jours, ce qui est rare à l'époque. Cette piété s'accompagne de
pénitences incroyables. Il guérit beaucoup de malades et, à l'occasion
de calamités naturelles, il intercède devant le tabernacle: "Doucement
Seigneur! Doucement! - dit-il - Use envers nous de ta miséricorde. Je
veux cette grâce, Seigneur, je la veux!" Et le fléau s'atténue ou cesse.
Il passe les
quinze dernières années de sa vie à Palerme. Usé par les austérités, on
le cantonne dans le service exclusif de l'autel. Lorsque la mort
approche - dont il avait prophétisé depuis longtemps l'échéance - il
reçoit avec joie une dernière bénédiction et répète: "Allons-y,
allons-y!" C'était le mercredi 12 janvier 1667 à 14 h.
Bien qu'il soit un
homme du 17e siècle, Frère Bernard n'a rien perdu de son
actualité et il incarne dans un certain sens "l'image du saint
contemporain" avec son sens prononcé pour la justice et la vérité au
milieu d'un monde en proie à la souffrance et à la misère. "Il s'ouvre
au feu de l'amour consumant et se laisse embraser par lui, en en
répercutant la chaleur sur les âmes des frères." (Jean Paul II)
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