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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Bienheureuse
Elisabeth de la Trinité CATEZ
Elisabeth Catez naît le 18 juillet 1880 au Camp
d'Avord (camp militaire, actuellement base aérienne) près de Bourges en
France, où son père est officier. Elle est baptisée le 22 juillet.
Dix-huit mois après naît sa sœur Marguerite. En novembre 1882, sa
famille déménage et vient à Dijon où ils habitent sur la paroisse
Saint-Michel, laquelle sera pendant douze ans la patrie spirituelle
d'Elisabeth. Tout près de la maison, il y a aussi un carmel. Le
capitaine Catez meurt alors qu'Elisabeth n'a que sept ans. Sa mère lui
fait faire sa scolarité à la maison avec des institutrices. Elle va
aussi au Conservatoire où elle se révèle très douée pour le piano. C'est
une enfant ardente, passionnée, volontaire, avec des accès de colère.
Son trait dominant est la sensibilité. Aux approches de ses onze ans, le
19 avril 1891, elle fait sa première communion, très soigneusement
préparée. A cette occasion, on l'emmène en robe de communion faire une
visite au Carmel où la supérieure lui apprend que son nom Elisabeth
signifie "maison de Dieu". Elle en est émerveillée. Le 25 juillet 1893,
alors qu'elle vient d'avoir treize ans, elle décroche le 1er
prix du conservatoire de Dijon ! Pendant l'été 1894, elle fait un vœu
privé de virginité et ressent l'appel du carmel, mais sa mère s'oppose
fermement à ce qu'elle entre en religion avant sa majorité (21 ans à
l'époque). Elisabeth en souffre beaucoup mais rien ne transparaît à
l'extérieur. Elle mène la vie mondaine des jeunes filles de son milieu
aisé. Elle est gaie, amicale. Elle ne se refuse même pas aux réunions
dansantes, mais elle a bien conscience au fond de son cœur que seul Dieu
peut la combler et, sans effort, même au milieu des distractions ou des
fêtes, elle s'unit à Lui dans la prière. « Il est saisissant de
constater que, très jeune, dans une vie laïque semblable à celle de ses
nombreuses amies, elle connaisse une expérience si forte de la présence
de Dieu et de son amour. » (Jean Paul II) Parallèlement, elle s'investit
beaucoup dans l'apostolat paroissial: chorale, préparation des enfants à
la première communion, patronage, et pour sa gouverne personnelle:
direction spirituelle. Se sentant "habitée", elle demande des
explications au Père Vallée, dominicain, lequel lui révèle alors le
mystère de l'inhabitation de la Trinité dans l'âme: lumière décisive
pour elle dont elle vivra jusqu'à sa mort. En 1899, elle découvre
"L'histoire d'une âme" de Thérèse de Lisieux (morte en 1897 et presque
sa contemporaine).
Le 2 août 1901,
elle entre au carmel de Dijon: Cette jeune fille, comblée de dons
naturels, s'épanouit dans le silence de la contemplation, rayonnant du
bonheur d'un total oubli de soi. "Tout est délicieux au Carmel –
dit-elle - On trouve le bon Dieu à la lessive comme à l'oraison. Il n'y
a que lui partout". Puis, arrive l'épreuve de l'obscurité; son
confesseur émet des doutes sur sa vocation. Mais toute la lumière
revient avec sa Profession, le 11 janvier 1903. Elle fait une expérience
profonde de la présence de Dieu qu'elle mûrit de manière impressionnante
en quelques années de vie du Carmel. Le 21 novembre 1904, elle fait sa
célèbre prière: "O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier
entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si mon
âme était déjà dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni
me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute
m'emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère. Pacifiez mon
âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée, tout éveillée en ma foi,
tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice." Familièrement,
elle appelle la Trinité "mes Trois". Cette contemplative, loin de
s'isoler, sait communiquer à ses Sœurs, à sa famille, à ses proches la
richesse de son expérience mystique. Elle écrit de nombreuses lettres
qui ont valeur de direction spirituelle. En 1905, elle découvre, grâce à
saint Paul, que nous devons être "louange de gloire" pour le Père ("laudem
gloriae" Eph. 1,6).
Pendant le carême
de cette même année, elle ressent les premiers symptômes de la maladie
d'Addison. Elle avoue que, naturellement, elle n'aime pas la souffrance,
mais elle a conscience que cela lui permet de s'unir aux souffrances de
Jésus pour nous. Le jour de la fête de l'Ascension, elle entend,
prononcées au plus profond d'elle-même, ces mots: "Si quelqu'un m'aime,
mon Père l'aimera et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre
demeure." (Jn 14,23) En même temps les Trois personnes de la sainte
Trinité se révèlent à la malade en son centre le plus secret, et cette
présence ne s'effacera plus. Deux mois avant sa mort, elle écrit à sa
maman: "Le Maître a choisi ta fille pour l'associer à son grand œuvre de
rédemption. ... Il veut que je lui sois une humanité de surcroît en
laquelle il puisse encore souffrir pour la gloire du Père, pour aider
aux besoins de l'Eglise; cette pensée me fait tant de bien..." Ses
dernières paroles (intelligibles) sont: "Je vais à la lumière, à
l'amour, à la vie." Elle s'éteint le 9 novembre 1906.
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