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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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Bienheureux Émile
KOVCH
Emilian (Émile)
Kovch naît le 20 août 1884 à Kosmach près de Kosiv en Ukraine orientale.
Son père est un prêtre gréco-catholique de rite oriental. (Dans ce rite
il y a des prêtres mariés; le bienheureux Emilian le sera aussi.) Il
étudie philosophie et théologie à Lviv, puis à Rome au collège ukrainien
et à l'Université urbanienne. Ordonné en 1911, il exerce d'abord son
ministère sacerdotal en Galicie , puis en Bosnie (Yougoslavie) parmi
les immigrés ukrainiens. En 1919, il devient aumônier de l'armée
ukrainienne engagée contre les troupes bolcheviques. De 1921 à 1941, il
est curé à Peremychlyony, village de 5'000 habitants des environs de
Lviv. C'est un prêtre plein de zèle et son apostolat est dynamique. Sa
maison connue comme "la maison où les anges volent sur le toit" offre
toujours un abri aux enfants pauvres et orphelins, bien qu'il ait déjà
lui-même six enfants. Au cours de la dure occupation allemande, il se
prodigue pour combattre l'anti-sémitisme, car son village est peuplé en
majorité de juifs. Il les aide et les baptise en masse sur leur demande
pour mettre leur vie à l'abri de la persécution, mais l'occupant
interdit cela. Il est arrêté en décembre 1942 et jeté en prison. De
nombreuses personnalités, dont le métropolite André Cheptytsky, alors à
la tête de l'Église gréco-catholique, font tout leur possible pour
obtenir sa libération. Quant à lui, il ne faiblit pas comme en témoigne
cet extrait de son interrogatoire par un officier de la Gestapo: "Est-ce
que vous saviez qu'il était interdit de baptiser les Juifs? - Je n'en
savais rien. - Et maintenant, vous le savez? - Oui - Est-ce que
vous continuerez à les baptiser? - Bien sûr."
En août 1943, il
est transféré dans un camp de concentration à Majdanek. Là il vit une
expérience de communion dans la souffrance qui lui fait écrire: "Hormis
le ciel, c'est l'unique endroit où je voudrais être. Ici nous sommes
tous égaux: les Polonais, les Juifs, les Ukrainiens, les Russes, les
Lettoniens et les Estoniens. Je suis le seul prêtre ici. Lorsque je
célèbre la liturgie, ils prient tous. Chacun dans sa langue. Mais est-ce
que Dieu ne comprend pas toutes les langues? Ici, je vois Dieu, Dieu est
le même pour tous, en dépit des différences de religion qui nous
séparent." Il écrit aussi: "Priez pour ceux qui ont construit ce camp et
le système… Que le Seigneur prenne pitié d'eux." La veille de sa mort il
écrit encore aux siens qui faisaient des démarches pour le libérer: "Je
vous en prie, ne le faites pas. Hier ils ont tué 50 hommes. Si je
n'étais pas là, qui les aiderait à supporter de telles souffrances? Que
pourrais-je demander de plus au Seigneur? Ne vous inquiétez pas pour
moi. Réjouissez-vous avec moi…" Il meurt brûlé dans les fours
crématoires le 25 mars 1944. En 1999, il a été reconnu comme un
"Ukrainien juste" par le Conseil des Juifs d'Ukraine.
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