Passioniste ... Passion - aimant
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime 
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Fleurs des saints

Ne pas avoir honte de la croix

 

Saint Cyrille de Jérusalem

 Nous ne devons pas avoir honte de la croix du Sauveur, mais plutôt en tirer gloire. « Le langage de la croix est scandale pour les juifs, folie pour les païens », mais pour nous elle est le salut. Pour ceux qui se perdent, elle est folie ; pour nous qui sommes sauvés, elle est puissance de Dieu (1Co 1,18-24). Car ce n'était pas un homme sans plus qui mourait, mais le Fils de Dieu, Dieu fait homme. L'agneau, du temps de Moïse, éloignait l'ange exterminateur (Ex 12,23) ; est-ce que « l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29) ne nous a pas bien davantage libérés de nos péchés ?...

 Ce n'est pas par contrainte qu'il a quitté la vie, ce n'est pas par force qu'il a été immolé, mais par sa propre volonté. Écoutez ce qu'il dit : « J'ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la recevoir à nouveau » (Jn 10,18)... Il est venu délibérément à sa Passion, heureux de son exploit, souriant à son triomphe, content de sauver les hommes. Il n'a pas eu honte de la croix, car il sauvait toute la terre. Ce n'était pas un pauvre homme qui souffrait, mais Dieu fait homme qui allait combattre pour obtenir le prix de la patience...

 Ne te réjouis pas de la croix en temps de paix seulement ; garde la même foi en temps de persécution ; ne sois pas l'ami de Jésus seulement en temps de paix, pour devenir son ennemi en temps de guerre. Tu reçois maintenant le pardon de tes péchés et les dons spirituels prodigués par ton roi ; lorsque la guerre éclatera, combats vaillamment pour ton roi. Jésus a été crucifié pour toi, lui qui était sans péché... Ce n'est pas toi qui lui as fait cette grâce, car tu l'as reçue le premier. Mais tu rends grâce à celui qui a payé ta dette en étant crucifié pour toi sur le Golgotha.

 (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Eglise   Catéchèse baptismale n° 13, 3.6.23 (trad. bréviaire)

« Qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive »

Saint Léon le Grand

      Le Seigneur est livré à ceux qui le haïssent. Pour insulter sa dignité royale, on l'oblige à porter lui-même l'instrument de son supplice. Ainsi s'accomplissait l'oracle du prophète Isaïe : « Il a reçu sur ses épaules l'insigne du pouvoir » (Is 9,5). En se chargeant ainsi du bois de la croix, de ce bois qu'il allait transformer en sceptre de sa force, c'était certes aux yeux des impies un grand sujet de dérision, mais pour les fidèles un mystère étonnant : le vainqueur glorieux du démon, l'adversaire tout-puissant des puissances du mal, présentait sur ses épaules, à l'adoration de tous les peuples, avec une patience invincible, le trophée de sa victoire, le signe du salut. Et par l'image qu'il donne en ce geste, on dirait qu'il voulait fortifier tous ceux qui l'imiteront, tous ceux à qui il dit : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi » (Mt 10,38).

      Comme la foule allait avec Jésus au lieu du supplice, on rencontra un certain Simon de Cyrène, et on fit passer le bois de la croix des épaules du Seigneur sur les siennes. Ce geste préfigurait la foi des nations, pour qui la croix du Christ devait devenir, non un opprobre, mais une gloire.
  (?-vers 461), pape et docteur de l'Église   8e homélie sur la Passion

Charles de Foucauld

 (1858-1916)

Il ne nous est pas possible d'aimer Jésus et de vouloir être couronné de roses quand il l'a été d'épines.

Tout accepter de la main de Dieu

Saint Jean de la Croix (1542-1591)
 

Toutes les tribulations ou épreuves que Dieu permet, qu'elles soient intérieures ou extérieures, spirituelles ou corporelles, grandes ou petites, il faut les accepter comme venant de sa main pour notre bien et la guérison de notre âme. On ne doit pas non plus les fuir, puisqu'elles sont le remède à nos maux. La guérison fera cesser de très grands péchés et coupera même vos habitudes mauvaises, qui sont la racine de vos péchés et de vos imperfections, car les combats contre les épreuves, les angoisses et les tentations, purifient et fortifient l'âme.

Marc l'Ascète (V° siècle)

Quand vient l'épreuve, ne cherche pas pourquoi, ni par qui, elle est venue. Mais cherche comment tu la supporteras en rendant grâce, sans tristesse et sans ressentiment.

Mère Teresa

 (1910-1997)

Aujourd'hui le monde est un "Calvaire à ciel ouvert". La souffrance mentale et physique est omniprésente. La douleur et la souffrance vont entrer dans votre vie, mais souvenez-vous : la douleur, la détresse, la souffrance ne sont que le baiser de Jésus - signes que vous êtes arrivée si près de Lui qu'Il peut vous embrasser. Acceptez-les comme autant de cadeaux - tout pour Jésus. Vous revivez réellement la Passion du Christ, dès lors acceptez Jésus tel qu'Il entre dans votre vie. Meurtri, divisé, plein de douleurs et de blessures.

La souffrance en soi n'est rien. Mais la souffrance vécue dans la Passion du Christ est un don merveilleux, le plus grand des dons ; un don et, en même temps, une preuve d'amour car en nous donnant son Fils, le Père a manifesté son amour pour le monde. C'était un don gratuit, la plus grande preuve d'amour possible car sa souffrance a été l'expiation de notre péché.

Utilité de la souffrance

Saint François de Sales (1567-1622)

La souffrance pique, mais comme le savon ; elle mord comme une lime, mais enlève la rouille et redonne du brillant ; elle est rude comme une brosse, mais elle nettoie.

Saint Vincent de Paul

 (1581-1660)

Pour recouvrer la santé du corps, on accepte les médecines les plus amères… Dieu pour purifier notre âme et pour la faire parvenir à la perfection à laquelle il l'appelle, lui envoie des peines, remèdes très efficaces, quelques répugnants qu'ils soient à la nature… et choisis par le plus savant, par le plus éminent des docteurs.

L'état de maladie est un état fâcheux et presque insupportable à la nature ; et néanmoins c'est un des plus puissants moyens dont Dieu se sert pour nous remettre dans notre devoir, pour nous détacher des affections du péché et pour nous remplir des ses dons et de ses grâces.

Saint Claude La Colombière

(1641-1682)

La maladie humilie. On n'est plus si fier, ni si insolent ; on apprend la compassion, la reconnaissance

Henri Suso

(1295-1366)

Tous les saints ont goûté la souffrance et ils proclament qu'elle est un breuvage salutaire.,

De la manière de vivre la souffrance

Saint Curé d'Ars

 (1786-1859)

Il y a deux manières de souffrir : souffrir en aimant, et souffrir sans aimer. Les saints souffraient tout avec patience, joie et persévérance, parce qu'ils aimaient. Nous souffrons, nous, avec colère, parce que nous n'aimons pas. (Catéchisme.)

Saint Vincent de Paul

 (1581-1660)

Les remèdes, c'est de recevoir tout ce qui arrive, comme venant de la main de Dieu ; et ne le pas faire, c'est une faute. Un jour, on demandait à un bon frère que l'on appelait frère Antoine : "Mais, mon frère, comment faites-vous à l'égard des maladies qui vous arrivent ? Comment vous y comportez-vous ? Que faites-vous pour en faire usage ?" - "Je reçois, dit-il, les maladies comme venant de la part de Dieu." Et puis, comme on venait à le presser un peu plus sur ce point, il disait : "Voyez-vous, quand, par exemple, quelque fièvre m'arrive, je la reçois ainsi et lui dit : or sus, ma soeur la maladie, ou bien, ma soeur la fièvre, vous venez de la part de Dieu ; or sus, puisque cela est, soyez la bienvenue."
Voilà, mes frères, comment en usait ce saint homme. C'est ainsi qu'ont coutume d'en user les serviteurs de Notre-Seigneur, les amateurs de sa croix. Cela n'empêche pas que l'on ne puisse et que l'on ne doive user des remèdes temporels qui sont ordonnés pour le soulagement et la guérison de chaque maladie ; et en cela, c'est faire honneur même à Dieu, qui a créé les plantes, donné la vertu à chacune. Mais d'avoir tant de tendresse sur soi, se dorloter pour le moindre mal qui nous arrive, ô Sauveur, c'est de quoi nous nous devons défaire. Oui, nous devons nous faire quittes de cet esprit et trop grande tendresse sur nous-mêmes.

Saint François de Sales

 (1567-1622),

Ne désirez pas les croix, sinon à mesure que vous aurez bien supporté celles qui se seront présentées ; car c'est un abus de désirer le martyre et n'avoir pas le courage de supporter une injure.

Elisabeth de la Trinité

 (1880-1906)

Aux heures qui sont plus douloureuses, pensez que le divin artiste, pour rendre son oeuvre plus belle, se sert de ciseau, et demeurez en paix sous la main qui vous travaille.

Saint Padre Pio

(1887-1968)

Echanger votre souffrance physique contre la souffrance morale ? Non, laissons faire le Seigneur. Dites-lui simplement : "Seigneur, tournez et retournez-moi selon votre désir, et non comme je le souhaite.". Pensons à la souffrance et à la mort de Notre-Seigneur et au Sang qu'il a répandu pour nous. Alors, nous ne nous plaindrons plus au sujet de notre souffrance.
Lorsqu'un malade demande à Dieu d'être libéré de souffrances qui dépassent ses forces, ce n'est pas un signe d'impatience. Ce qu'il a supporté lui sera compté.

Se laisser émonder

Sainte Catherine de Sienne

(1347-1380) :

Le Seigneur dit à Ste Catherine: -"Je taille mes serviteurs pour qu'ils portent beaucoup de fruit, que ce fruit soit excellent et non pas sauvage. Je les taille par la tribulation afin qu'ils donnent des fruits plus abondants et plus parfaits. Je leur retranche et jette au feu les rameaux stériles."

Sainte Jeanne de Chantal

(1572-1641),

Tout ce que Dieu opère en nous est miséricorde. Il semble qu'il veuille employer le feu et le glaive, couper et brûler, consommer, réduire au néant nos pensées, nos desseins et nos œuvres, voire nous-mêmes. C'est la plus précieuse participation d'enfants et d'amis que nous ayons ici-bas, de l'amour du Sauveur.

Saint Ignace de Loyola

 (1491-1556),

Le diamant réclame la taille, le bloc de marbre a besoin d'être sculpté… L'homme essaie. Hélas ! presque jamais il n'a le courage de frapper assez fort. Dieu, pour l'aider dans l'œuvre de sa perfection lui envoie la douleur. Elle achève alors la sainteté des âmes ; c'est pourquoi les plus saints sont les plus éprouvés.

Sainte Thérèse

(1515-1582)

Je désirais la santé pour mieux servir Dieu, et en cela je me trompais grandement, car Dieu sait beaucoup mieux que nous-mêmes ce qui nous est utile.

Frère Laurent de la Résurrection

(1614-1691)

Ma Révérende et très honorée Mère,
Je ne demande pas à Dieu la délivrance de vos peines, mais je lui demande instamment qu'il vous donne des forces et la patience pour les souffrir aussi longtemps qu'il lui plaira. Consolez-vous avec celui qui vous tient attachée sur la croix, il vous en détachera quand il le jugera à propos. Heureux ceux qui souffrent avec lui, accoutumez-vous à y souffrir et demandez-lui des forces pour souffrir tout ce qu'il voudra et autant de temps qu'il jugera vous être nécessaire. Le monde ne comprend pas ces vérités et je ne m'en étonne pas, c'est qu'ils souffrent en gens du monde et non pas en chrétiens ; ils regardent les maladies comme des peines de la nature, et non pas comme des grâces de Dieu, et par cet endroit ils n'y trouvent rien que de contraire et de rude à la nature ; mais ceux qui les considèrent venant de la main de Dieu, comme des effets de sa miséricorde et des moyens dont il se sert pour leur salut, y goûtent ordinairement de grandes douceurs et de sensibles consolations.
Je voudrais que vous vous puissiez persuader que Dieu est plus près de nous dans le temps des maladies et des infirmités, que lorsque nous jouissons d'une parfaite santé ; ne cherchez pas d'autre médecin que lui ; à ce que je peux comprendre, il veut vous guérir seul ; mettez toute votre confiance en lui, vous en verrez bientôt les effets que nous retardons souvent par une plus grande confiance aux remèdes qu'en Dieu.
Quelques remèdes dont vous vous serviez, ils n'agiront qu'autant qu'il le permettra ; quand les douleurs viennent de Dieu, lui seul peut les guérir ; il nous laisse souvent les maladies du corps pour guérir celles de l'âme. Consolez-vous avec le souverain médecin des âmes et des corps. […]
Tenez-vous donc toujours avec Dieu, c'est le seul et unique soulagement à vos maux ; je le prierai de vous tenir compagnie. Je salue la Révérende Mère Prieure, je me recommande à ses saintes prières, à celles de la sainte communauté et aux vôtres…
Ce 17 novembre 1690 (Onzième Lettre, à la Révérende Mère N…)

Dire oui avec amour

Sainte Emilie de Rodat

 (1787-1852)

Remerciez Dieu de vous tenir près de Lui par la maladie et par l'infirmité. La peine que vous éprouvez de ne pouvoir travailler ne vient pas de Dieu, mais de l'amour-propre. L'Eglise nous enseigne que celui qui souffre pour l'amour de Dieu se rapproche de Dieu même. Est-il, après cela, faveur préférable à la souffrance, à la maladie ? Et, quoi que fasse l'homme, ses travaux peuvent-ils atteindre un si haut prix ?

Charles de Foucauld

 (1858-1916)

La croix est la grâce des grâces pour le cœur qui aime ; l'amour a soif d'imitation, de ressemblance ; la croix, les épines, le calice, c'est la ressemblance avec le divin Amant, l'union à Lui dans ses états, la part prise à ses douleurs. Les sens ont horreur de la souffrance, la foi la bénit comme un don de la main de Jésus, une part de la Croix qu'Il daigne nous donner à porter. C'est par la Croix que Jésus a sauvé le monde, c'est par la Croix, en laissant Jésus vivre en nous et achever en nous par nos souffrances ce qui manque à sa Passion, que nous devons continuer jusqu'à la fin des temps l'œuvre de la Rédemption.

Sainte Thérèse de Lisieux

(1873-1897),

Je vous remercie, ô mon Dieu, de m'avoir fait passer par le creuset de la souffrance.
 

Marthe Robin

(1902-1981),

O mon Dieu, que ma vie de souffrances serve à mes Parents, à mes amis, à mes bienfaiteurs, à tous les chrétiens, aux pauvres pécheurs, aux incroyants, aux orgueilleux, aux persécuteurs, à mes deux chères paroisses, à ma noble patrie, à l'humanité entière c'est-à-dire à Dieu. Oh ! non, mourir ni par faiblesse, ni par chagrin, ni à cause de la maladie, mais comme Jésus et avec Jésus mourir d'amour. 18 avril 1930

Saint Padre Pio

(1887-1968)

 

Quand il Lui plaira de nous mettre sur la Croix, remercions-le et estimons-nous heureux d'un si grand honneur qu'Il nous fait

Comme il est doux, mon Père, ce mot de : croix ! Ici, au pied de la croix, les âmes se revêtent de lumière, s'enflamment d'amour, mettent des ailes pour atteindre des cieux plus élevés. Que cette croix soit dans le même temps notre lit de repos, notre école de perfection, notre héritage bien-aimé ! Dans ce but gardons-nous de la séparer de l'amour que nous portons à Jésus : sans celui-ci, elle deviendrait un fardeau que notre faiblesse ne saurait supporter. Que la Vierge des Douleurs nous obtienne de son Fils de nous faire pénétrer toujours plus avant dans ce mystère et de nous enivrer des souffrances de Jésus ! La plus grande preuve d'amour consiste à souffrir pour l'être aimé. Par conséquent, comme le Fils de Dieu a subi tant de souffrances par pur amour, il ne fait aucun doute que la croix qu'il a portée devient aussi aimable que l'amour.
Que la Sainte Vierge nous obtienne d'aimer la croix, les souffrances et les douleurs ! Puisqu'elle fut la première à mettre l'Evangile en pratique dans toute sa perfection et sa sévérité, et cela avant même qu'il ne soit publié, qu'elle nous l'obtienne à nous aussi et nous donne d'être toujours à ses côtés. Efforçons-nous aussi, à l'exemple de tant d'âmes élues, de nous tenir toujours derrière cette Mère bénie et de marcher à sa suite, car il n'y a pas d'autre chemin qui conduise à la vie que celui que notre Mère emprunte : ne nous en détournons pas, si nous voulons atteindre notre but.


 

« Il les aima jusqu'au bout »

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

      Quel amour, quelle charité que celle de Jésus Christ, de choisir la veille du jour où on doit le faire mourir, pour instituer un sacrement par lequel il va rester au milieu de nous, pour être notre Père, notre Consolateur et tout notre bonheur ! Plus heureux encore que ceux qui vivaient pendant sa vie mortelle, où il n'était que dans un lieu, où il fallait se déplacer au loin pour avoir le bonheur de le voir, aujourd'hui nous le trouvons dans tous les lieux du monde, et ce bonheur m'est promis jusqu'à la fin du monde. O amour immense d'un Dieu pour ses créatures !

      Non, rien ne peut l'arrêter, quand il s'agit de nous montrer la grandeur de son amour. Dans ce moment heureux pour nous, tout Jérusalem est en feu, toute la populace en fureur, tous conspirent sa perte, tous veulent répandre son sang adorable -- et c'est précisément dans ce moment qu'il leur prépare, comme à nous, le gage le plus ineffable de son amour.
   

 

 

 

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