SAINT HIMELIN
CONFESSEUR (8ième SIÈCLE)
Himelin ou Hymelin, Écossais ou Irlandais
d'origine, est présenté comme un parent de
saint Humold ou Rombaud, l'apôtre de la
Belgique et le premier évêque de Malines. On
ne sait rien des premières années de sa vie.
On dit qu'il entreprit le pèlerinage de Rome
pour y vénérer le tombeau des saints
Apôtres. Au retour, il passa par le Brabant
à l'époque où Pépin le Bref régnait en
France, extrêmement fatigué et dévoré de
soif, il fut pris d'une fièvre violente et
dut s'arrêter près de Vissenaeken. Une jeune
fille qui venait de puiser de l'eau, refusa
de lui présenter sa cruche. Par crainte
d'infection, car la peste régnait dans le
pays, son maître lui avait défendu de
laisser toucher sa cruche par qui que ce
fût. Aux instances d'Himelin, la jeune fille
répondit "Je ne puis vous satisfaire, mais
si vous voulez venir jusqu'à la maison de
mon maître, vous pourrez non seulement vous
rafraîchir mais encore prendre votre
repas". "Soyez sans crainte, ma fille, dit
Himelin, donnez-moi ce que je vous demande;
le Très-Haut bénira votre acte charitable."
Touchée de compassion, elle lui permit de
boire à même la cruche.
Pendant qu'il continuait sa route un peu
réconforté, la servante alla porter le reste
du contenu de la cruche à son maître qui
trouva à l'eau le goût du vin. Enquête
faite, le maître, qui était prêtre, courut à
la poursuite du pieux pèlerin, le rejoignit
et l'invita à venir recevoir l'hospitalité
dans sa demeure. Himelin se rendit à ses
instances mais ne voulut rien accepter de
confortable; il exprima le désir de reposer
sur un peu de paille dans le grenier. Trois
jours se passèrent, Himelin estimant que sa
dernière heure était arrivée, fit demander
au prêtre de lui administrer les sacrements.
Et il rendit son âme à Dieu. Au même moment,
les cloches sonnèrent d'elles-mêmes pour
annoncer son trépas. Le prêtre en conclut
qu'il venait d'héberger un saint et voulut
lui donner une sépulture honorable. Il
trouva dans son église de Vissenacken un
tombeau miraculeusement préparé; il y déposa
le corps, et bientôt des miracles
attestèrent la gloire du pieux pélerin.
Le nom d'Himelin, avec quelques lignes sur
sa bienheureuse mort, a été inséré par
Molanus dans ses additions au martyrologe d'Usuard.
En 1646, sur la foi d'une tradition qui
rattachait au ième siècle la mort d'Himelin,
des fouilles furent pratiquées dans la
crypte de Saint-Martin à Vissenaeken, où on
découvrit le squelette de notre saint; ces
ossements cachés jusqu'en 1725 ont été
l'objet d'une nouvelle reconnaissance et le
culte de saint Himelin fut autorisé comme
existant de temps immémorial.
Bibl. - La légende ici résumée est de J.
Gilemans qui la composa d'après un ms. de
"Rubex Velus", près Bruxelles. Elle est
reproduite dans Acta sanctorum, 10 mars. -
V.-J. Laenen, Reliques de saint Hymelin à
Vissenaeken, dans Analectes... Hist. de
Belgique, 1905, t. 31, p. 98.