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Saint Honorat, 
EVÊQUE D'ARLES ET CONFESSEUR (+ 429)

 

Honorat, d'une famille consulaire fixée en Gaule, vint au monde vers la fin du règne de Constance. Contre la volonté de son père, il demanda le baptême des chrétiens et gagna au Christ Venance, son frère aîné. Tous 2 désiraient se détacher entièrement du monde, mais nencontraient des obstacles de la part de leur père, demeuré païen. A la fin, ils décidèrent d'abandonner leur pays et d'aller se cacher au loin dans quelque désert; pour ne rien faire qui pût être suspecté de légèreté, ils emmenèrent avec eux un saint vieillard nommé Caprais (vers le 1er juin), qui pût leur servir de guide et de maître, Ils s'arrêtèrent un momnent à Marseille, où l'évêque Procule fit tous ses efforts poun les attacher à son Église. Honorat fut un instant ébranlé, mais, pour couper court, tous 3 s'embarquèrent pour la Grèce et abordèrent heureusement à Modon. Là, Venance mourut; Honorat lui-même tomba malade, il reprit alors le chemin des Gaules avec son guide. D'Italie, où ils débarquèrent, ils gagnèrent la Provence , se lièrent d'amitié avec Léonce, évêque de Fréjus, choisirent une première retraite en un lieu qui fut appelé la Baume de saint Honorat et, finalement, allèrent s'établir d'une façon définitive dans une des îles de Lérins. La quantité de serpents dont cette île était remplie l'avait rendue entièrement déserte, les populations en parlaient comme d'un lieu maudit. Honorat n'en fut point effrayé, confiant dans la parole du Sauveur (Marc 16, 12); il mit en fuite une grande partie de ces serpents et rendit les autres inoffensifs. En peu de temps, l'île, autrefois déserte, devint comme une nouvelle Thébaïde, eut une école célèbne de théologie, un asile pour les lettres et les sciences et fut, enfin, une pépinière d'évêques et dc saints pour la Gaule. L'évêque de Fréjus, témoin des faveurs et des bénédictions célestes répandues en ce lieu, y vint conférer le sacerdoce à Honorat, dont il était parvenu à vaincre les résistances. Devenu prêtre, l'humble solitaire mit tout en oeuvre pour faine avancer ses disciples dans les voies de la perfection; nonobstant ses infirmités corporelles, il exerça les fonctions les plus variées avec une vigilance de tous les instants, visita les malades et s'appliqua à leur procurer du soulagement, veilla à maintenir la bonne harmonie entre tous les frères.

Ainsi se forma, sous la direction d'Honorat, à Lérins, la compagnie de solitaires la plus illustre et la plus sainte qu'on eût jamais vue en Occident; ce monastère fut, durant plusieurs siècles, le séminaire des évêques de Provence, de France et d'Italie; on en vit sortir saint Maxime de Hiez, saint Hilaire d'Arles, saint Loup de Troyes, saint Eucher de Lyon, saint Jacques de Tarentaise, etc. Honorat, qui avait voulu, en se retirant à Lérins, s'isoler du monde, s'ensevelir dans la solitude, recevait des hôtes qui allaient ensuite publier ses vertus, formait des disciples qui devenaient des apôtres; lui-même dut exercer son zèle sur un plus vaste théâtre et dans une dignité plus haute. A la mort de Patrocle en 426, l 'Eglise d'Arles le choisit pour évêque, et il dut céder à toutes les instances, obéir à l'appel de Dieu. Il laissa Maxime en sa place pour gouverner Lérins, s'appliqua à rétablir la paix dans l'Eglise d'Arles, longtemps troublée sous le simoniaque Patrocle, à réunir dans les liens de la charité les esprits partagés par les divisions des années précédentes. Il fut aidé dans cette oeuvre par Hilaire, son disciple et son premier biographe qu'il avait amené avec lui, et qui devait plus tard lui succéder. En peu de temps, l'Eglise d'Arles devint aussi florissante que l'était le monastère de Lérins, ce qui fit dire à saint Eucher de Lyon que, pour représenter la charité sous une figure humaine, il aurait fallu faire le portrait d'Honorat.
Ce saint évêque montra particulièrement son grand détachement des honneurs et des biens de ce monde. Ses proches, ayant appris qu'il était devenu évêque d'Arles, vinrent le visiter, mais il les regarda comme des étrangers et ne voulut rien changer dans son attitude à leur égard. Enfin, il assura le maintien de la discipline dans les Églises de la Narbonnaise et dénonça au pape de Rome saint Célestin 1er plusieurs abus qui s'y étaient glissés.

L'épiscopat d'Honorat fut de courte durée. Il plut à Dieu de l'appeler à lui par une lente diminution des forces corporelles, résultat de ses grandes austérités. Honorat ne voulut nien relâcher de ses travaux; les efforts qu'il fit pour prêcher encore dans son église le jour de l'Épiphanie achevèrent de l'épuiser.

Dieu lui conserva jusqu'à la fin l'usage de la langue dont il se servit pour exhorter et consoler lui-même ses visiteurs, Il régla avec une présence d'esprit admirable les détails concernant son Église et la conduite des particuliers, fit connaître qu'Hilaire, revenu de Lérins pour l'assister, serait son successeur et, sans agitation, sans agonie, passa de ce monde pour entrer dans la gloire des bienheureux (16 janvier 429).

Au moment de sa mort, beaucoup de personnes virent son âme entrer dans les choeurs des anges. Le corps fut porté à l'église Saint-Geniès, selon les uns, au cimetière des Aliscamps, selon les autres, pour être inhumé auprès de celui de saint Trophime. La chapelle a été appelée dans la suite Notre-Dame-des-Champs ou Notre-Dame-de-Grâce. Les historiens ont rapporté peu de miracles de saint Honorat; Hilaire, son biographe, croit qu'il avait demandé à Dieu de n'en point faine.

Vers la fin du XIVe siècle, en 1391, les reliques d'Honorat ont été transférées dans l'île de Lérins, qui, depuis ce temps, a porté son nom. L'anniversaire en était célébré le 20 janvier et la principale fête était au 15 mai. En 1788, quand l'abbaye de Lérins fut supprimée, les reliques d'Honorat furent partagées entre l'église de Grasse qui l'a pour patron, celles d'Auribeau et de Cannes.

On a attribué à saint Honorat une règle écrite pour ses moines; elle s'est perdue dans la suite des temps, surtout depuis qu'on lui a substitué, en Occident, la règle de saint Benoît,

 

 

Merci à Jean Michel Dossogne pour le partage de ce texte

 

 


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