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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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Bienheureux Jean
Adalbert BALICKI
Jan (Jean)
Adalbert Balicki naît en 1869 à Staromiescie, près de Rzeszow en Galicie
(Sud-est de la Pologne). Sa famille est pauvre mais riche en vertus
humaines et chrétiennes. Il fait sa scolarité à Rzeszow avec des maîtres
de haut niveau, imbus d’amour de la patrie et de culture polonaise.
(Notons que l’Autriche catholique reproche à la Russie les excès de sa
répression de 1821 et, à partir de 1861, elle tient compte du
particularisme polonais dans la Galicie qu’elle contrôle, si bien que
l’identité polonaise peut trouver refuge dans ce territoire.) En 1888,
après sa scolarité, il entre au séminaire des latins de Przemysl et il
est ordonné prêtre en 1892. Pendant un an il est vicaire en paroisse ;
là il se fait remarquer comme confesseur, prédicateur et homme de
prière. On l’envoie à Rome pour y approfondir sa formation. A ses
études, il joint la prière, il lit beaucoup, surtout Saint Thomas
d’Aquin et il se pénètre des hauts lieux du christianisme en visitant
Rome. L’humus de cette formation lui profitera pendant tout son
ministère. Après avoir obtenu une maîtrise de théologie en 1897, il
revient dans son diocèse et il est nommé professeur de théologie
dogmatique dans son séminaire de Przemysl. Il ne se contente pas d’un
enseignement intellectuel; ses leçons sont des méditations des mystère
de Dieu et son influence s’étend sur la formation morale de ses élèves.
Il est aussi Préfet des études. De plus, en 1928 il est nommé Recteur du
Séminaire. Il est chargé de la formation spirituelle, et c’est lui qui,
après avoir étudié et prié, présente à l’évêque les candidats à la
prêtrise pour l’ordination. En 1934, sa santé l’oblige à résigner sa charge mais il demeure au séminaire et continue les confessions et la direction spirituelle. Beaucoup témoignent de son don extraordinaire de pénétration des âmes. Il accueille tout homme, pauvre ou pécheur, pourvu qu’il soit sincère. Quand il confesse ses pénitents, non seulement il leur accorde le pardon en donnant l’absolution, mais il veille à leur croissance spirituelle, notamment par des lettres de direction. Doué de toutes les vertus, en particulier l’humilité, sa qualité dominante est l’amour. C’est un homme au grand cœur qui malgré sa faible santé trouve toujours le temps d’accueillir celui qui demande à se confesser. A ce propos, Jean Paul II cite ce que dit le Christ à Sainte Faustine : « Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis s’attendriront à leur parole, lorsqu’ils parleront de ma Miséricorde infinie et de la compassion que j’ai pour eux dans mon Cœur. »
La seconde guerre
mondiale détériore sa santé déjà fragile. Il aurait pu se replier dans
une région moins dangereuse avec d’autres prêtres, mais il préfère
rester dans la zone contrôlée par les Rouges dans l’espoir de faire
survivre le séminaire. Atteint d’une double pneumonie et de tuberculose
il meurt en 1948. En le béatifiant, le Pape ne fait que répondre à un
ancien désir et à un vœu depuis longtemps formulé. En effet le 22
décembre 1975, alors qu’il était Cardinal de Cracovie, il écrivit une
lettre à Paul VI lui demandant de présenter Jean Balicki comme modèle
pour les prêtres de notre temps.
La béatification
du 18 août 2002 à Cracovie
Au cours de son 98e
voyage apostolique en dehors de l’Italie, le 8e dans son
pays, du 16 au 19 août 2002, Jean Paul II s’est cantonné dans le diocèse
de Cracovie, son ancien diocèse comme évêque, en même temps que celui de
sa naissance. Le samedi 17 août, il a fait la dédicace du nouveau
sanctuaire érigé en l’honneur de la Divine Miséricorde à Cracovie-Lagiewniki
(dévotion à la Miséricorde inspirée par le Christ à Sainte Faustine
Kowalska . Le lendemain, dimanche 18 août, fut le sommet de son
pèlerinage avec la béatification de 4 serviteurs de Dieu polonais
(Sigismond Félix Felinski , Jean Adalbert Balicki , Jean Beyzym et
Marie Sancha szymkowiak ) au parc de Blonie près de Cracovie devant une
foule de plus de deux millions de fidèles, le plus grand rassemblement
qu’ait jamais connu la Pologne. On pensait que ce voyage du Pape en
terre polonaise serait un voyage d’adieu, un voyage ‘sentimental’, de ce
pape âgé de 82 ans. Fatigué et près d’achever sa 24e année de
pontificat. En fait il a dit des paroles très fortes, déclarant d’emblée
dès le premier jour à ses compatriotes dont certains craignent l’avenir
et notamment l’entrée de la Pologne dans l’Europe unie ; « Arrêtez
d’avoir peur ! » Et lors de l’Audience générale qui a suivi, à Rome, le
21 août, il a donné le sens synthétique de ces béatifications en
disant : « J'ai voulu indiquer ces nouveaux bienheureux au peuple
chrétien, afin que leurs paroles et leur exemple constituent un élan et
un encouragement à témoigner, à travers les faits, de l'amour
miséricordieux du Seigneur qui vainc le mal par le bien (cf. Rm
12, 21). Ce n'est qu'ainsi qu'il est possible d'édifier la civilisation
de l'amour désirée, dont la force douce s'oppose avec vigueur au
mysterium iniquitatis présent dans le monde. C'est à nous, disciples
du Christ, que revient la tâche de proclamer et de vivre le profond
mystère de la Miséricorde Divine qui régénère le monde, en nous poussant
à aimer nos frères et même nos ennemis. Ces bienheureux, ainsi que les
autres saints, sont des exemples lumineux de la façon dont
l'‘imagination de la charité’, nous permet d'être proches et solidaires
de ceux qui souffrent (cf. n. 50), artisans d'un monde renouvelé par
l'amour.
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