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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Saint Jean
ROBERTS
John Roberts naît
en 1576 au pays de Galles, dans une famille non catholique, mais
demeurée sympathisante. Étudiant en droit, il se convertit lors d'un
voyage à Paris au contact d'un autre Anglais. Puis se rappelant que son
pays avait reçu la foi des moines envoyés par le Pape Saint Grégoire, il
devient bénédictin sur le continent. Voulant à son tour porter secours à
ses frères anglais, il connaît plusieurs fois l'emprisonnement ou l'exil
et s'évade à plusieurs reprises. Il fonde entre-temps le prieuré Saint
Grégoire-le-Grand à Douai. Finalement, le 2 décembre 1610, il est arrêté
alors qu'il célébrait la messe et il est incarcéré encore revêtu de ses
ornements sacerdotaux à Newgate. Il comparaît au jugement avec un autre
prêtre, Thomas Somers, en présence de l'évêque anglican Abbot. Il
déclare prier pour le roi, sa famille et tous les habitants de sa "douce
patrie", mais il refuse le serment d'allégeance réprouvé par le Pape.
Avec fermeté et clarté, il réfute toute accusation de complot politique
ou d'agitation religieuse, à tel point que beaucoup parmi les assistants
sont impressionnés en sa faveur. C'est avec une joie manifeste qu'il se
rend à Tyburn, lieu de l'exécution avec l'autre prêtre et une charretée
de criminels. Il s'adresse à eux et à la foule qui observe un silence
respectueux, et il proclame: "Extra ecclesiam nulla salus!" (Hors de
l'Église point de salut). Et il adjure les bandits; l'un d'eux éclate en
sanglots et fait son abjuration. Il échange quelques paroles à voix
basse avec Thomas Somers, sans doute pour se confesser. Ce dernier dit à
haute voix: "In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum" (En tes
mains, Seigneur, je remet mon esprit. Après la pendaison, ils sont jetés
avec les brigands dans une fosse. La nuit suivante, leurs membres coupés
sont déterrés par des catholiques et ramenés tant bien que mal chez une
pieuse dame espagnole, doña Luisa di Carjaval, laquelle, au péril de sa
vie, les avait assistés pendant l'incarcération, leur apportant
notamment de la tarte aux poires à la mode espagnole, et leur lavant les
pieds la veille de l'exécution.
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