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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Ste Joséphine
BAKHITA
L'immense fresque
de l'abside de la cathédrale d'El-Obeïd au Soudan représente une Vierge
à l'enfant: Marie montre son Fils à l'Afrique. A ses côtés, à genoux, se
trouvent Sainte Joséphine Bakhita et le bienheureux Daniel Comboni qui
intercèdent pour tout le continent.
Bakhita naît au
Soudan vers 1869 et passe ses premières années à Olgossa, au petit
village de Darfur près du Mont Agilerei. Elle fait partie de la tribu
nubienne des Dagiù. Elle a quatre sœurs et trois frères. Sa sœur aînée
est enlevée par des trafiquants d'esclaves. Bakhita se rappelle encore
comme sa mère et elle ont pleuré. A son tour, elle subit le même sort en
1876 ou 77. Elle a à peu près 9 ans. Ses ravisseurs sont des négriers
arabes qui la vendent et la revendent plusieurs fois, non sans
brutalités, sur les marchés de El Obeid et de Khartoum. Les mauvais
traitements et la peur lui font oublier son premier nom (on ne le
retrouvera jamais). Elle est arabisée et on lui donne le nom de Bakhita,
c'est-à-dire la chanceuse. Le général turc qui la possède doit partir et
il décide de se débarrasser de toutes ses esclaves. Il les met en vente.
Bakhita est acquise par le consul d'Italie à Khartoum, Calisto Legnani.
Surprise pour elle car, dit-elle, "le nouveau maître était assez bon et
il se prit d'affection pour moi… Je n'eus plus de réprimandes, de coups,
de châtiments, de sorte que, devant tout cela, j'hésitais encore à
croire à tant de paix et de tranquillité".
En 1885, Legnani
doit quitter le Soudan à cause de la révolution mahdiste; Bakhita lui
demande de l'emmener. Ils s'embarquent avec une famille amie, les
Michieli. Arrivés à Gênes, Mme Michieli demande de garder Bakhita. Elle
se rend donc avec sa nouvelle famille à Ziagino, banlieue de Mirato
Veneto, dans la province de Venise. Une petite Mimmina ne tarde pas à
venir égayer le foyer. On la confie à Bakhita qui s'occupe d'elle avec
amour. Elle suit ses patrons qui font un séjour de neuf mois au Soudan,
car ils ont acquis un grand hôtel à Suakin sur la mer Rouge. Puis elle
revient en Italie avec Mme Michieli et la petite fille. Bakhita et
Mimmina sont confiées pendant une brève période à l'Institut des
Catéchistes de Venise dirigé par les religieuses canossiennes. Mais
quand Mme Michieli veut la remmener au Soudan avec sa fille, Bakhita
demande et obtient de rester chez les Sœurs canossiennes, malgré la
peine qu'elle éprouve à se séparer de Mimmina. "Les Sœurs firent mon
instruction avec beaucoup de patience, dit-elle, et me firent connaître
ce Dieu que tout enfant je sentais dans mon cœur sans savoir qui il
était… Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en
moi-même: qui donc est le maître de ces belles choses? Et j'éprouvais
une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes
hommages." En 1890, elle reçoit baptême, confirmation et eucharistie.
Dès lors sa joie éclate. Souvent, elle aime à baiser les fonts
baptismaux en disant: "Ici, je suis devenue fille de Dieu!". "Cette
sainte fille d'Afrique, dit le Pape, montre qu'elle est véritablement
une enfant de Dieu: l'amour et le pardon de Dieu sont des réalités
tangibles qui transforment sa vie de façon extraordinaire. Elle en
arrive à ressentir même de la gratitude pour les esclavagistes qui
l'avaient capturée et ceux qui l'avaient maltraitée, car, dira-t-elle
plus tard, si ces choses n'étaient pas arrivées, je ne serais pas
devenue chrétienne, ni une Sœur de la communauté canossienne."
En 1896, elle fait
ses premiers vœux à Vérone, toute heureuse de se consacrer à celui
qu'elle appelle "Mon Maître!". En 1902, elle va à Schio où, durant plus
de 50 ans, elle s'adonne à diverses occupations dans la maison:
cuisinière, lingère, brodeuse, concierge. En 1927, elle fait ses vœux
perpétuels. Tous les gens l'aiment et l'appellent la petite Mère Noire
(Madre Moretta). Les Sœurs l'estiment pour sa douceur inaltérable, sa
bonté exquise, et son désir de faire connaître le Seigneur. "Soyez bons,
dit-elle à tous, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le
connaissent pas. Voyez comme est grande la grâce de connaître Dieu." La
vieillesse arrive, puis une maladie longue et douloureuse. Quand on lui
demande comment elle se porte, elle répond: "Comme le veut le patron!"
Dans l'agonie, elle revit les jours terribles de son esclavage et elle
dit: "Lâchez mes chaînes… elles me font mal". Ses dernières paroles
sont: "Notre Dame! Notre Dame!". Elle meurt le 8 février 1947.
Immédiatement la foule accourt et beaucoup de grâces sont obtenues sur
le tombeau de "la Sainte".
Puisse-t-elle
intercéder pour les femmes, spécialement les femmes africaines, pour les
esclaves comme il y en a encore au Soudan, pour les immigrés, elle qui a
eu la chance de connaître une émigration heureuse.
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