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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Joseph Marie
ESCRIVA DE BALAGUER
"La 'grande
sainteté' est dans l'accomplissement des 'petits devoirs' de chaque
instant" (Saint Josémaria)
Josémaria
(Joseph-Marie) Escriva de Balaguer naît en 1902 à Barbastro dans la
province de Huesca (Aragon – Espagne). Il est le deuxième de six
enfants. Sa famille est très chrétienne. Son père est marchand de
tissus. L'enfant est – et restera toujours – de nature enjouée, mais les
épreuves ne lui manquent pas: trois petites sœurs meurent entre 1910 et
1913. En 1914 sa famille est ruinée, ce qui entraîne leur déménagement à
Logroño en 1915. Un jour de l'hiver 1917-18, il voit des traces de pieds
nus dans la neige, les pas d'un Carme déchaux. Il se demande alors: Si
d'autres font tant de sacrifices par amour de Dieu et du prochain, ne
serais-je pas capable de lui offrir quelque chose? C'est ainsi que germe
en lui l'appel à devenir prêtre. (Notons-le, ce n'est pas un appel à
l'austérité en soi, mais à l''amour' et à quelque chose de 'grand' par
amour.) Il entre donc au séminaire de Logroño et en 1920 dans celui de
Saragosse où il poursuit ses études. Il étudie également le droit. En
1922, alors qu'il n'a que 20 ans, l'archevêque le nomme inspecteur du
séminaire. Pendant toute cette période il cherche sa voie et ne cesse de
prier en demandant au Seigneur comme l'aveugle-né: "Domine, ut sit!
Domine ut videam!" (Cf Mc 10,51 "Seigneur que cela soit! Faites que je
voie!") et il répète la même prière à la Vierge: "Domina.....etc.". Son
père meurt en 1924. En 1925 Josémaria est ordonné prêtre et dit sa
première messe à la basilique du Pilar de Saragosse (le grand centre
marial espagnol). Il exerce d'abord son ministère dans une petite
paroisse de campagne, puis en 1927 il demande la permission de
poursuivre des études de droit à Madrid pour préparer un doctorat de
droit civil, non sans mener de front un apostolat très actif; en même
temps il donne des petits cours de droit pour subvenir aux besoins de sa
famille qui, en cette période de crise, subit l'épreuve de la pauvreté
avec dignité.
C'est le 2 octobre
1928 que naît l'OPUS DEI. Soudain, selon son expression, il 'voit' ce
que le Seigneur attend de lui: ouvrir dans l'Église un nouveau chemin. A
savoir: rechercher la sanctification personnelle et œuvrer dans le champ
de l'apostolat à partir du travail ordinaire et quotidien, tout en
restant dans le monde et sans changer d'état de vie. Et pour l'inspirer,
il a un humble et illustre modèle qui n'est autre que Saint Joseph. Il
s'adresse toujours à lui en ces termes: "Mon Père et Seigneur" et lui
voue un grand amour. Voici ce qu'il déclare un jour devant un vaste
auditoire au Guatemala: "Saint Joseph nous a appris la valeur du travail
ordinaire, ce moyen humain de sanctification que nous avons à la portée
de main: faire les choses de chaque jour, de chaque heure, de chaque
minute, avec amour. Que l'on en ait envie ou non, mais avec amour. Que
l'on en ait envie ou non, mais le mieux possible. Que l'on en ait envie
ou non, mais de façon à pouvoir l'offrir au Seigneur. Qu'il s'agisse
d'un gratte-ciel ou d'un petit panier d'osier. Gratte-ciel ou panier,
peu m'importe, pourvu qu'ils soient faits avec amour."
Dès 1930, il
comprend qu'il faut créer aussi une branche féminine. En 1933 il promeut
une Académie universitaire parce qu'il est convaincu que le monde de la
science et de la culture est un point névralgique pour l'évangélisation
de toute la société. Ainsi l'Opus Dei fait ses premiers pas lorsque la
guerre civile éclate en 1936. Période très éprouvante pour le Père qui
n'en continue pas moins un apostolat intense. Il perd 30 kg et doit sans
cesse changer de cachette. Finalement il se réfugie en France jusqu'en
1939. En 1941 sa chère maman meurt. En 1943, nouvelle intuition au cours
de la messe, en élevant l'hostie, il comprend qu'"élevé de terre, le
Christ attire tous les hommes à lui". Donc par sa Croix. Et après la
communion le Seigneur lui donne le nom de ce qu'il doit créer: la
"Société sacerdotale de la sainte Croix". C'est une grande joie pour le
fondateur de voir ordonner les trois premiers prêtres pour son œuvre,
d'autant plus qu'il est convaincu que "le sacerdoce est ce qu'il y a de
plus grand au monde". Mais il ne perd pas de vue l'essentiel et le soir
de ce grand jour il déclare devant l'assemblée: "Quand plus tard on vous
demandera: que vous disait le Père le jour de l'ordination des trois
premiers? Vous leur répondrez; il nous disait: soyez des hommes de
prière, des hommes de prière, des hommes de prière."
En 1946, pour
marquer son attachement à l'Église et au Pape, il déplace son siège à
Rome. Pie XII reconnaît définitivement son œuvre en 1950 en tant
qu'Institut séculier. L'Opus Dei a son gouvernement propre mais il n'est
pas un état dans l'état, ses membres restant entièrement soumis à
l'Église locale. Il ne fait pas d'élitisme: certes ses membres sont
appelés à la sainteté, mais c'est la vocation de tout chrétien! Aucune
distinction de classe dans cette œuvre. Il y règne la plus stricte
égalité. Le Père dira un jour en Afrique: "Il n'y a qu'une seule race,
la race des enfants de Dieu." Ce n'est pas une société secrète: ses
membres ne s'affichent pas avec ostentation, mais ne se cachent pas non
plus quand on les interroge, prêts à tout dire sur leur organisation.
D'ailleurs, comme le dit le Père: c'est plutôt 'une désorganisation
organisée', où l'on respecte avec joie le pluralisme et la liberté
d'opinion, en gardant l'unité sur l'essentiel. Parmi les membres
sympathisants ou 'coopérateurs', il y a même des non-catholiques et des
non-chrétiens. C'est dans cet esprit qu'il faut comprendre le statut de
"prélature personnelle" donné à l'Opus Dei en 1982.
Le Cardinal Thuan
(ancien Confesseur de la foi dans les prisons du Vietnam et Président de
la Commission 'Justice et paix', décédé en 2002) résume ainsi la
spiritualité du Fondateur et de son œuvre: "Le noyau de son message
tourne autour de la sanctification de la vie ordinaire à travers le
travail quotidien." Dans une homélie fleuve, le Père Josémaria fait
cette déclaration à l'emporte-pièce: "Que m'importe que l'on me dise
d'un tel qu'il est un bon fils, un bon chrétien, s'il est un piètre
cordonnier!" Et il explique: "S'il ne s'efforce pas de bien apprendre
son métier, et de l'exercer avec soin, il ne pourra ni le sanctifier, ni
l'offrir au Seigneur." Une autre fois, il déclare: "Le monde est tout
petit lorsque l'Amour est grand", dit-il encore. C'est ce qui explique
son action tous azimuts et sur tous les continents. De son vivant
l'œuvre atteint une grande expansion. Les critiques ne lui manquent pas
non plus, ni les calomnies. Il y répond par le pardon et l'amour, sans
perdre son caractère joyeux, quitte à s'expliquer quand c'est
nécessaire, parfois après avoir attendu 40 années. Mais du coup, pour un
docteur en droit, la tâche est aisée. Il meurt à 73 ans, en 1975. Son
œuvre est couronnée par l'apothéose de la canonisation qui survient pour
le centenaire de sa naissance. En effet, le Pape Jean Paul II le
béatifie en 1992 à Rome devant une foule immense de 250'000 personnes et
le canonise en 2002 au milieu d'une foule recueillie et en liesse de
plus de 300'000 pèlerins. "On pourrait dire qu'il fut le saint de
l'ordinaire" Jean Paul II.
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