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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Saint Leon
Ignace MANGIN
Léon-Ignace Mangin
naît à Verny près de Metz en 1857, dernier-né d'une famille de onze
enfants. Son père est juge de paix. Après son école primaire chez les
Frères des écoles chrétiennes, il va au collège chez les Jésuites à Metz
puis à Amiens. Gai et dynamique, il est très aimé de ses camarades et
ceux-ci ne sont pas peu étonnés quand ils le voient entrer au noviciat
des Jésuites près d'Amiens en 1875. Il continue ses études littéraires
et philosophiques à Louvain. En 1881 il est professeur à Liège, puis en
1882 on lui propose à brûle-pourpoint d'être envoyé en Chine. Il accepte
et s'embarque en septembre. Après quatre ans d'études là-bas, il est
ordonné prêtre en 1886. Il occupe des fonctions administratives,
notamment à partir de 1890 où il est chargé des 20'000 chrétiens de son
district, dont il défend les intérêts devant les fonctionnaires civils.
Ceux-ci, quoique païens, apprécient son amabilité et son savoir-faire,
mais lui, regrette que ses tâches absorbantes l'empêchent de se livrer
totalement au ministère des âmes. Ainsi est-il satisfait de recevoir la
charge pastorale de la section de King Tcheou (Canton de Jingxian, au
Sud Hebei).
Pressentant la
venue des mauvais jours, il fortifie le village de Zhujiahe avec l'aide
de Zhu Dianxuan, chef du village. Deux de ses confrères sont assassinés
le 19 juin 1900: les Pères Rémi
Isoré 2
et Modeste
Andlauer 2.
Le Père Mangin se réfugie à Zhujiahe et invite à le rejoindre son
confrère voisin, le Père Paul
Denn 2.
Dès lors, le village regroupe plus de 3'000 chrétiens. Le 14 juillet,
une première incursion des Boxers est repoussée. De même les trois jours
suivants. Une armée chinoise passant par là pour rejoindre un autre lieu
de combat, les Boxers en profitent pour leur demander du renfort.
Pressé, le général n'envoie qu'un petit détachement de soldats en
reconnaissance; ils sont percés de lances par les chrétiens. Furieux, le
général appelle alors son avant-garde à la rescousse. Avec les Boxers,
ils sont maintenant plus de 10'000 à attaquer. Les chrétiens résistent
jusqu'au bout sous la direction du chef de communauté Zhu Dianxuan. Le
20 juillet, ils tiennent encore trois heures sous la canonnade. Puis les
Boxers franchissent les barricades et envahissent le village. Ils
tombent d'abord sur un groupe de femmes habillées et voilées de blanc,
et brandissant des armes dérisoires. Ce sont les vierges catéchistes des
villages environnants. Elles sont égorgées. Les assaillants massacrent
tous ceux qu'ils rencontrent dans la rue. Voyant que la défense est
devenue inutile, les deux missionnaires font entrer dans l'église les
femmes et les enfants. Il y sont entassés à plus de mille. Revêtus de
leur surplis, les deux prêtres se mettent devant l'autel pour encourager
et réconforter leurs ouailles terrorisées. Les Boxers forcent la porte
et crient: "Sortez et vous ne serez pas tués". Le Père Mangin
brandissant un crucifix répond: "Restez ici. Un peu plus tôt, un peu
plus tard, qu'importe? Dans quelques instants, nous nous reverrons tous
au ciel". Seules quelques mamans avec leurs bébés sortent la tête basse.
(Elles en feront pénitence plus tard). Le Père Denn fait réciter le
"Confiteor" et l'acte de contrition. Le Père Mangin donne l'absolution
générale. Impatientés, les Boxers se mettent à tirer au hasard. Marie
Wu, l'épouse de Zhu Dianxuan, étend le bras pour protéger le Père
Mangin; elle est tuée d'une balle. Les Boxers mettent alors le feu à
l'église, le toit de chaume s'embrase rapidement. Ceux qui tentent de
s'enfuir par les fenêtres sont abattus. Déjà blessé, le Père Denn
s'agenouille devant le Père Mangin pour recevoir une dernière
absolution; un coup de feu l'atteint en pleine poitrine. Les vêtements
du Père Mangin ont déjà pris feu quand une rafale de balles le couche au
pied de l'autel.
Parmi les
chrétiens de ce village, retenons le parcours de Marc Ki-T'ien-Siang. Il
a 66 ans et depuis trente ans il a l'interdiction de s'approcher de
l'eucharistie, parce qu'il ne veut pas renoncer à l'opium. Il ne cesse
pourtant de prier Dieu de lui donner la grâce d'une bonne mort. Devant
les Boxers, il affirme courageusement sa foi et lave son péché dans son
sang. Il est canonisé dans le groupe du Père Mangin.
Quant à l'église,
elle est laissée deux ans à l'abandon. On en fait ensuite un ossuaire,
lequel est démoli pendant la révolution culturelle de Mao. On a
reconstruit ensuite une église sur l'emplacement.
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