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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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Bienheureuse
Marie Anne SUREAU BLONDIN
Esther Blondin
naît dans la Province du Québec, au Canada en 1809 dans une famille
d'agriculteurs. Elle hérite de ses parents l'amour de l'Eucharistie, la
confiance en la Providence et la patience dans l'épreuve. Encore
illettrée, elle s'engage à 22 ans comme domestique chez les Sœurs de la
Congrégation de Notre-Dame, nouvellement arrivées dans son village. Dans
ce couvent, un an plus tard, elle s'inscrit comme pensionnaire pour
apprendre à lire et à écrire, puis après un essai au noviciat, elle doit
abandonner pour raison de santé.
En 1833, elle est
institutrice à l'école du village de Vaudreuil. C'est là qu'elle
découvre une des causes de l'analphabétisme ambiant dont souffrent les
Canadiens francophones: un règlement d'Église interdisant aux femmes
d'enseigner aux garçons, et aux hommes d'enseigner aux filles. Ne
pouvant financer deux écoles paroissiales, les curés choisissent souvent
de n'en tenir aucune. Et les jeunes croupissent dans l'ignorance,
incapables de suivre le catéchisme pour faire leur première communion.
En 1848, Esther soumet à son évêque, Mgr Ignace Bourget, le projet
qu'elle nourrit depuis longtemps, celui de fonder une Congrégation
religieuse "pour l'éducation des enfants pauvres des campagnes dans des
écoles mixtes". Le projet est novateur pour l'époque! Il paraît
même "téméraire et subversif de l'ordre établi". Mais puisque l'État
favorise ce genre d'école, l'évêque concède que l'on fasse un essai.
(N.B. Mgr Bourget, évêque de Montréal de 1840 à 1876 a fait venir au
Canada ou créé sur place une douzaine de Congrégations religieuses et
fait venir de France des prêtres ou religieux et il a suscité une grande
expansion catholique au Canada, mais certains lui ont reproché son
autoritarisme.) La Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne est alors
fondée à Vaudreuil en 1850 et Esther Blondin, en religion "Mère
Marie-Anne", en devient la première supérieure. Le recrutement rapide de
la jeune Congrégation requiert très tôt un déménagement. Au cours de
l'été 1853, Mgr Bourget transfert la Maison-mère à
Saint-Jacques-de-l'Achigan. Le nouvel aumônier, l'abbé Louis-Adolphe
Maréchal, s'ingère de façon abusive dans la vie de la communauté,
entravant la correspondance de la supérieure avec l'évêque et voulant
que les Sœurs de confessent à lui. En 1854, après une année de
tiraillements, Mgr Bourget croit trouver une solution: il demande à Mère
Marie-Anne de "se déposer", et, convoquant des élections, il lui enjoint
de "ne plus accepter le mandat de supérieure, si ses sœurs veulent la
réélire". Mère Marie-Anne cède dans un esprit d'obéissance à l'Église
(bien que par deux fois, les voix se portent sur elle). Elle s'abandonne
à la Providence dont elle bénit la "conduite toute maternelle". "Dieu,
pense-t-elle, saura discerner la vrai du faux et récompenser chacun
selon ses œuvres." Commencent alors pour elle 36 années de vie obscure.
Nommée directrice
dans un couvent de la communauté, Mère Marie-Anne devient la cible des
nouvelles supérieures de la Maison-mère, subjuguées par l'abbé Maréchal.
Sous prétexte de mauvaise administration de son couvent, on la rappelle
à la Maison-mère en 1858, avec la consigne épiscopale de "prendre les
moyens pour qu'elle ne nuise à personne". On la relègue aux sous-sols
dans les travaux de buanderie et de repassage. Elle accepte tout et
pardonne tout, même à l'aumônier, car elle est convaincue qu' "il y a
plus de bonheur à pardonner qu'à se venger". Paradoxalement, cette mise
à l'écart renforce son témoignage. A une novice qui lui demande un jour
pourquoi elle, la Fondatrice, est maintenue dans de si modeste emplois,
elle se contente de répondre avec douceur: "Plus un arbre enfonce
profondément ses racines dans le sol, plus il a de chance de grandir et
de porter du fruit". Sentant venir sa fin, elle lègue à ses filles, en
guise de testament spirituel, ces quelques mots qui résument bien toute
sa vie: "Que l'Eucharistie et l'abandon à la volonté divine soient votre
ciel sur la terre". Puis elle s'éteint paisiblement à la Maison-mère de
Lachine, le 2 janvier 1890.
Jean Paul II
ajoute: "Modèle d'une vie humble et cachée, Marie-Anne Blondin trouva sa
force intérieure dans la contemplation de la Croix, nous montrant que la
vie d'intimité avec le Christ est le plus sûr moyen de porter
mystérieusement des fruits et d'accomplir la mission voulue par Dieu".
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