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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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Bse Marie du
Sanctuaire de Saint Louis de Gonzague MORAGAS CANTARERO
Elvira Moragas
Cantarero naît en 1881 à Lillo dans la province de Tolède (Espagne). Son
père exerce la "noble profession" de pharmacien. Sa famille est
chrétienne et charitable. En 1886, ils déménagent à Madrid. Elle est
confirmée à six ans. Elève au collège des Sœurs Mercédaires, elle y fait
sa première communion. Elle a un tempérament fort et tenace que ses
parents doivent corriger. Après avoir réussi son baccalauréat, elle
entreprend des études de pharmacie à l'université de Madrid afin de
pouvoir aider son père. Au bout de six années, elle obtient sa licence
de pharmacienne, à l'âge de 24 ans, étant l'une des premières femmes
d'Espagne à obtenir ce titre universitaire. A la mort de son père, en
1909, elle prend en charge la pharmacie, donnant ainsi des preuves de sa
compétence professionnelle. Dans l'exercice de sa profession, elle se
montre non seulement bonne administratrice et juste dans la fixation des
prix, mais aussi pleine d'attentions à l'égard de ses clients, écoutant
les malades et les encourageant dans leurs épreuves. Elle mène une vie
de piété solide et fait un apostolat remarquable dans les faubourgs de
Madrid, prenant soin des pauvres et les secourant de toutes les manières
possibles.
Déjà avant le
décès de son père, elle désire la vie religieuse, mais, vu la situation
familiale et pour répondre aux appels de son jeune frère qui n'a pas
encore terminé ses études, elle doit retarder la réalisation de son
projet. En attendant, elle collabore à la catéchèse de sa paroisse et
visite les banlieues pauvres de la capitale. En 1915, elle entre au
Monastère des Carmélites déchaussées de Santa Ana y San José (Sainte
Anne et Saint Joseph) à Madrid. Elle y reçoit le nom de Maria Sagrario
de Saint Louis de Gonzague (San Luis Gonzaga). Sa maîtresse des novices
témoigne qu'elle trouve en elle une "femme au caractère fort et
énergique, capable de mener à bien les plus grands idéaux de sainteté".
Elle fait profession temporaire en 1916, et solennelle en 1920.
En 1927, elle est
élue Prieure. Dans l'exercice de sa charge, elle se considère comme une
sœur aînée, ouverte au dialogue avec toutes. Elle mène à bien
l'entretien matériel du Monastère, entreprenant constructions et
réparations. Ainsi sa charité, déjà vécue dans le milieu familial, puis
fortifiée au cours de la jeunesse à travers l'engagement en faveur des
pauvres et des indigents, se mûrit dans le service plein d'abnégation
des sœurs de sa communauté. Nommée maîtresse des novices après trois ans
de priorat, elle sait allier compréhension et fermeté et enseigne
surtout par l'exemple. A diverses reprises, elle confie à ses novices
son désir du martyre, surtout après 1931 quand la situation se
détériore.
Le 1er
juillet 1936, elle est à nouveau Prieure. Déjà un vent de violence
souffle sur l'Espagne. Le 18 juillet, la guerre civile éclate. Ce même
jour, on tire sur les fenêtres de l'église et du monastère à coups de
pierres. Le soir venu, Mère Maria Sagrario réunit la Communauté pour
informer les sœurs sur la gravité de la situation et pour exhorter
celles qui le voudraient é retourner dans leurs familles. Le 20 juillet,
le couvent est envahi par une troupe qui saccage et détruit tout. La
Mère se préoccupe de chacune de ses filles et ne trouve de repos que
lorsqu'elle les a toutes mises à l'abri. Elle-même avec une sœur se
réfugie chez les parents de cette dernière. Son frère l'invite plusieurs
fois à partir avec lui dans le village de Pinto où il vit avec sa
famille. Mais la Mère s'y refuse car elle veut veiller sur ses filles.
Elle s'efforce de leur envoyer une aide matérielle et un soutien
spirituel, les exhortant à accepter la volonté du Seigneur "qui a tant
souffert pour nous". Le 14 août, les miliciens découvrent le refuge de
la Mère et l'emmènent. Elle affronte tout avec sérénité. Ils la pressent
de déclarer par écrit ou se trouvent les titres de propriété du couvent,
les calices et autres pièces de valeur. Elle leur répond par le silence
car elle serait contrainte de donner le nom d'un prêtre, et d'autres
personnes seraient en péril. Elle témoigne ainsi de son amour héroïque
pour le prochain. On l'emmène à la Pradera de San Isidoro et on la
fusille à l'aube du 15 août, en la solennité de l'Assomption qui était
aussi le jour de sa fête. Ainsi sont couronnés et son désir de mourir
martyre pour le Christ et son amour inconditionnel de Dieu. Après sa
mort, sa réputation de martyre ne cesse de croître jusqu'au jour où
commence son procès de béatification, en 1962.
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