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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Bse Marie Pilar
IZQUIERDO ALBERO
Maria Pilar
Izquierdo Albero naît le 27 juillet 1906 à Saragosse (Aragon). Elle est
baptisée le 5 août suivant, fête de Sainte Marie aux neiges, ce qu'elle
considérera comme la plus grande date de sa vie. Elle a cinq frères. Ses
parents, pauvres, lui transmettent un esprit de piété, l'amour des
pauvres et une tendre dévotion envers la Sainte Vierge, spécialement à
Notre-Dame du Pilar, dont elle porte le nom (N.-D. du Pilar est le grand
sanctuaire marial de l'Espagne). On l'appelle familièrement 'Pilarine'.
A 14 ans elle est victime d'un mal mystérieux que les médecins sont
impuissants à diagnostiquer. C'est pour elle le début d'une vie toute
entière marquée par la souffrance. Après avoir passé quatre années à
Alfamen pour raison de santé, elle revient à Saragosse. A 19 ans, elle
travaille dans une fabrique de chaussures où elle s'attire l'affection
de tous par sa simplicité, sa sympathie prompte à créer des liens.
Mais le Seigneur
veut la conduire par un autre chemin et la faire entrer plus
profondément dans le mystère de la croix. Pilarine aime la souffrance
car elle y rencontre l'amour de Jésus et - dit-elle - "cet amour me fait
vivre." Un jour de 1926, en revenant du travail, elle tombe du tram:
fracture du bassin. Alors commence pour elle un chemin de douleurs qui
durera plus de 12 ans. Elle partagera son temps entre les hôpitaux de
Saragosse et la mansarde familiale. Deux ans après l'accident, des
kystes se multiplient, envahissant le visage et une partie du corps.
Elle devient paraplégique et aveugle. Cependant, bien qu'elle soit
illettrée, la mansarde, du 24 de la rue Cerdan, devient un pôle
d'attraction, une oasis de lumière, de paix et de joie. A cause de la
profonde spiritualité de Pilarine, et de son bon sens, des centaines de
personnes viennent lui demander conseil ou réconfort, spécialement
pendant les années troublées de la guerre civile espagnole (1936-39). On
vient trouver 'la Mère' pour avoir des lumières sur sa vocation. Le 8
décembre 1939, solennité de l'Immaculée Conception (fête qu'elle chérit
spécialement), et en présence de 80 personnes ayant afflué vers sa
mansarde pour la messe, Pilarine guérit instantanément de la paralysie
qui l'a clouée au lit plus de 10 ans; les kystes disparaissent, et la
vue revient instantanément. Immédiatement après, elle active son Œuvre,
se transférant avec un groupe de jeunes à Madrid où une fondation a déjà
été approuvée sous le nom de "Missionnaires de Jésus et Marie", mais peu
après on lui interdit d'exercer tout apostolat et cela jusqu'en fin 1942
où l'évêque concède à l'œuvre une approbation canonique sous la forme de
"Pieuse union des Missionnaires de Jésus, Marie et Joseph". S'ensuivent
alors deux ans d'apostolat fécond avec un groupe de disciples dans les
faubourgs déshérités de Madrid au service des pauvres et des marginaux
affamés de pain et surtout de Dieu.
Mais le Seigneur
veut la conduire de nouveau sur le chemin de la croix. Les kystes
réapparaissent dans l'abdomen; à quoi s'ajoutent des souffrances
morales. Calomnies, intrigues et incompréhensions jettent le discrédit
sur l'Œuvre. Les aides de Pilarine se dispersent, 9 filles seulement lui
restent fidèles. Puis tombe comme un couperet le verdict du tribunal
ecclésiastique de Saragosse: sa guérison n'est pas miraculeuse, mais le
fruit de l'illusion. Tous les journaux, trop contents, publient cela le
lendemain à la une. Sur le conseil de son directeur, elle se retire
elle-même de son Œuvre, suivie de ses filles. Le 9 décembre 1944, elle
se met en route avec elles pour San Sebastian, dernière station de son
chemin de croix. Durant le voyage, sur une route enneigée et par une
nuit glaciale, se produit un incident mécanique. Maria se asse la jambe.
Une tumeur maligne apparaît presque immédiatement et l'achemine vers la
mort. La Mère console ses filles à son chevet. Elle offre sa mort pour
celles qui l'ont abandonnée et pardonne à tous ceux qui lui ont fait du
mal, ou plutôt elle ne veut plus se rappeler que le bien qu'on lui a
fait grâce à ces souffrances.
Elle meurt à 39
ans le 27 août 1945 après avoir recommandé à ses filles de rester unies
autour de leur directeur spirituel, le Père Daniel Diez Garcia qui
l'avait aidée et assistée au cours de la dernière année de son
existence. Ses filles suivent la consigne. En 1948 l'Œuvre est approuvée
canoniquement comme Pieuse union sous le titre de "Œuvre Missionnaire de
Jésus et Marie". En 1961, elle est reconnue Congrégation de Droit
diocésain et en 1981 comme Congrégation de Droit pontifical. L'institut
compte actuellement 220 religieuses réparties en divers points de
l'Espagne, en Colombie, en Équateur, au vénézuela et au Mozambique.
"Dans le monde
actuel, où prévaut parfois la recherche démesurée du plaisir et de
l'utilité immédiate, la figure de Mère Pilar Izquierdo proclame avec une
sublime éloquence la valeur rédemptrice du sacrifice, librement accepté
et offert, en union avec celui du Christ pour le salut du genre humain."
(Jean Paul II)
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