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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Saint Martin de Tours
évêque
Né à Sabaria en Haute Pannonie (Hongrie), vers 316;
mort le 8 novembre 397.
La plupart des mortels n'ont à lutter que contre un
démon collectif (ou du moins le croient-ils) - le démon des communautés
et familles, la force occulte qui fait appel aux plus basses parties de
notre nature, la divinité noire de la ville plongée dans la nuit. Avoir
un démon personnel semble être un "privilège" réservé aux vrais saints.
La grandeur du saint se mesure à la grandeur des tentations qu'il a à
vaincre parce que la vie du saint se dresse en contraste face aux
oeuvres du démon.
Martin était le fils d'un officier païen de l'armée,
et il accompagna sa famille vers le nouveau poste de son père, à Pavie,
en Italie. Martin était devenu catéchumène à l'âge de 10 ans, contre la
volonté de ses parents. Il suivit les leçons à l'église locale, et quand
il eut atteint 12 ans, son amour pour Dieu était si ardent qu'il voulut
se retirer pour vivre en ermite. A 15 ans, en fils d'un vétéran de
l'armée, il fut obligé de rentrer à l'armée contre sa volonté. Bien que
Martin n'était pas encore devenu Chrétien de manière formelle, il vivra
de nombreuses années plus comme un moine que comme un soldat.
Pendant qu'il était stationné à Amiens en France [
Gaule Belgique ] en 337, un mendiant à moitié nu s'approcha de lui;
le temps était terriblement froid. Le nom de Martin devint immortel dès
ce moment-là, car il coupa sa cape militaire en 2 et donna la moitié à
l'homme souffrant. Cette nuit-là, en songe, il vit Jésus drapé de cette
autre moitié de sa cape qu'il avait donnée. Jésus lui dit, "Martin, bien
que catéchumène, M'a couvert avec ce vêtement". Suite à ce rêve, il
"couru pour aller se faire baptiser", selon son biographe.
Quand il eut près de 20 ans, les barbares envahirent
Irrité de cette réplique, Julien l'accusa de lâcheté.
Martin répliqua qu'il était prêt à aller à la bataille mais sans armes,
et à se tenir au milieu des belligérants au Nom du Christ. Il fut jeté
en prison, mais cette nuit-là les barbares demandèrent et obtinrent une
armistice. Martin demanda et obtint sa démission vers 339.
Ensuite il vécut quelque temps en Italie et Dalmatie,
avant de venir à Poitiers, et l'évêque Saint Hilaire le prit comme
disciple. Martin le recherchait, car il savait que servir ce saint homme
c'était servir Dieu. Hilaire reconnu l'extraordinaire mérite de Martin,
et voulut l'ordonner diacre, mais il ne parvint pas à vaincre l'humilité
de Martin.
Pour conserver Martin dans son diocèse, Hilaire lui
assigna la charge d'exorciste - et c'est dans ce ministère officiel que
Martin fit pour la première fois la rencontre du diable. C'était encore
un démon général, car il n'avait pas encore son démon privé. Cependant,
Martin apprit à chasser les maléfices et les coups acérés des cornes du
démon, une leçon qui serait toujours utile par la suite.
Martin eut un songe qui l'appelait à rentrer chez
lui, et il revint en Pannonie, convertit sa mère et d'autres, dont un
groupe de bandits qui avait voulut le tuer durant sa visite. Peu après,
le diable lui apparut sous forme humaine et lui annonça qu'où qu'il
aille ou quoi qu'il fasse, le démon s'opposerait à lui.
En Illyrie, son opposition verbale aux Ariens lui
valut d'être publiquement fouetté et exilé par Auxence, l'évêque Arien.
Repartant pour l'Italie, Martin apprit qu'Hilaire avait été exilé. Il se
retira en un lieu près des murs de Milan, où il entama la vie
monastique. Auxence, quand il s'empara du siège de Milan, s'affronta à
Martin et le chassa hors du diocèse. Martin forma alors un duo avec un
prêtre vertueux. Ils se retirèrent sur l'île désertée de Gallinaria dans
le golfe de Gènes, où il vécut en reclus jusque 360, jusqu'à ce que
saint Hilaire fut autorisé à revenir de son exil et rentrer à Poitiers.
Comme pour la plupart des vrais saints, au fur et à
mesure que Martin grandit en sainteté, son démon privé devint de plus en
plus différencié du démon collectif. De plus en plus, le démon s'attaqua
à son âme, le forçant à être sans arrêt sur ses gardes. C'était comme le
principe des vases communicants : au plus Martin s'élevait comme le
mercure vers la sainteté, au plus que le démon s'efforçait de remplir
l'espace vide derrière lui.
Un jour qu'il vivait encore en reclus sur l'île,
Martin mangea une plante empoisonnée qui le tua presque. Les chroniques
appellent cette plante "héllébore", ce qui est sans aucun doute une
erreur, car l'héllébore n'est pas mortelle mais un remède contre la
folie, et selon les herboristes, elle ne contient rien de plus qu'un
fort purgatif.
Peut-être que la plante ne se trouvait pas là par
hasard? Il y a une variété d'héllébore appelée "Rose de Noël" qui est la
mandragore. Néanmoins, quand Martin sentit le poison à l'oeuvre, il
commença à prier - ce qui prouve qu'il réalisait qu'il n'y avait rien de
normal à sa maladie - et Dieu le guérit.
Le démon de Martin était capable de se transformer en
bien des formes. Il était particulièrement habile à prendre des formes
de divinités de la mythologie, apparaissant parfois comme Jupiter ou
Mercure. Mais bien que Martin fut toujours alarmé par Mercure, écarta
toujours Jupiter comme "un animal stupide" et un "sot".
Le démon aimait aussi prendre la forme de femmes. Un
jour, il apparut comme Vénus, une autre fois comme Minerve, mais
toujours exhalant une forte odeur de souffre, et fuyant toujours face au
Signe de
Après avoir appris qu'Hilaire était en route vers
Poitiers, Martin fit le voyage de Rome pour le rencontrer en route, et
l'accompagner jusqu'à son siège. Comme Martin souhaitait vivre en
solitaire, Hilaire lui donna une terre, à présent appelée Ligugé, où il
fut rejoint par d'autres ermites - et ainsi fut fondée la première
communauté monastique des Gaules. Ce fut un célèbre monastère jusqu'en
1607, et fut restauré en 1852 par les Bénédictins de Solesmes. Il y
vécut 10 ans, prêchant et accomplissant des miracles célèbres dans la
région, dont la résurrection d'un catéchumène et d'un esclave pendu.
Bien vite, les ennuis avec le démon se firent plus
graves. Un jour pendant que le saint était en prière dans sa cellule, le
démon vint sans frapper, tenant en sa main une corne couverte de sang.
"Je viens de tuer un des tiens", dit-il au Saint, et en fait le
transporteur du monastère venait d'être tué par un taureau. Aussitôt
Martin résolu de combattre les démons avoisinants en détruisant tous les
temples païens du district. Il reçut peu après le don de discerner les
démons, et ceci lui permit de tenir à l'écart son propre démon.
Vers 371, Tours le choisit comme son 3ième évêque. Il
ne voulait pas prendre cette charge; le peuple utilisa une astuce pour y
parvenir : ils le firent venir pour visiter un malade de la ville, et
l'emmenèrent à l'église. Son apparence pauvre n'impressionna pas les
évêques qui étaient venus assister à l'élection, mais le peuple rejeta
leurs objections et Martin fut consacré le 3 juillet 371.
Il vécut dans une cellule près de l'église, mais se
retira vite de la ville et de ses distractions vers un lieu qui
deviendra l'abbaye de Marmoutier, qui deviendra un autre grand centre
monastique. C'était un désert, avec un falaise à pic d'un côté et une
rivière de l'autre. Peu de temps après, 8 moines se joignirent à lui.
Les moines ermites ne s'occupèrent ni d'art ni d'affaires. Les plus âgés
s'occupèrent uniquement de prière, pendant que les plus jeunes
écrivaient. Nombre d'évêques sortirent de ce monastère parce que chaque
ville voulut un pasteur qui aurait été formé sous la discipline de Saint
Martin.
Ici, en privé, Martin vivait exclusivement en moine,
pendant qu'en public, il se dévouait avec un zèle brûlant à la charge de
ses tâches épiscopales. Chaque année il visita chaque paroisse de ses
régions rurales, voyageant à pied, à dos d'âne ou par bateau. Il fut un
innovateur, en oeuvrant pour convertir les régions rurales, dans
lesquelles il introduisit un début de système paroissial. Auparavant,
les Chrétiens étaient confinés surtout dans les régions urbaines.
Son biographe et ami, Sulpice Sévère, rapporte qu'il
étendit son apostolat de
Il fut un des grands pionniers du monachisme
Occidental, basé sur les modèles des monastères orientaux de Terre
Sainte, d'Egypte et de Syrie, et c'est ainsi qu'il influença le type de
monachisme qui s'installera en Irlande, Ecosse et Pays de Galles.
C'était avant saint Benoît - qui avait une vénération particulière pour
lui.
A cette époque, Priscillian, le guide d'une secte
Gnostique-Manichéenne, était attaqué par Ithaque, l'évêque d'Ossanova,
qui l'accusait de sorcellerie et urgeait l'empereur de le faire mettre à
mort. Ensemble avec le pape de Rome Siricius et saint Ambroise [ de
Milan ], Martin se prononça contre la peine capitale à l'encontre de
Priscillien et des autres Espagnols hétérodoxes prononcée par les
autorités civiles, dont Ithaque et l'empereur Maximus. Il croyait que
l'Etat ne devait pas intervenir dans les affaires ecclésiastiques.
Martin plaida auprès de Maximus pour qu'il n'exécute pas les hérétiques
mais permit de simplement les excommunier.
Ithaque accusa alors Martin d'hérésie. Maximus dit à
Martin qu'il ne les exécuterait pas, mais une fois que Martin fut partit
de Trèves, Maximus fut persuadé de renvoyer le cas de la secte au préfet
Evodius. La secte fut trouvée coupable, et ses membres furent décapités,
faisant de cette affaire le premier cas de peine de mort prononcé
judiciairement pour hérésie. Le pape de Rome Sirice censura tant Maximus
qu'Ithaque pour leur rôle dans cette affaire.
Martin rencontra une très grande opposition dans les
années qui suivirent, un de ses principaux critiqueurs étant le semeur
de troubles saint Brice, qui lui succédera plus tard comme évêque. Mais
son impressionnante puissance spirituelle était trop grande pour
'l'incroyable et sanglante férocité' du comte Avitian, qui refreina ses
intentions barbares à Tours.
Il tomba malade dans la zone rurale de Candes en
Touraine. Gisant mourrant, étendu sur un lit de cendres, prêt à rendre
un dernier et douloureux souffle, pendant que les cloches étaient déjà
occupées à annoncer son départ, il demanda à ses disciples,
"Laissez-moi, mes frères, afin que je puisse fixer mes yeux aux Cieux
plutôt que sur la terre, et mettre mon âme sur le chemin qui mène au
Seigneur".
Mais le démon attendait à côté du lit de son vieil
ennemi. Il ne connaissait que trop bien les subtilités de l'agonie de la
mort. Il savait où poser sa main au dernier moment quand l'âme, dans ses
efforts pour quitter le corps, est devenue molle et malléable comme du
verre fondu; et le diable attendait pour s'emparer de l'âme à ce moment
et l'emporter dans les flammes de l'enfer. Il était bien trop occupé
pour parler, et de plus il avait déjà usé depuis longtemps toute sa
réserve d'artifices. Et ainsi, lourd, noir, et attentif, il travaillait
en silence près du corps du mourrant.
Alors saint Martin, se relevant de son agonie,
affronta le monstre avec ces mots :" Que fais-tu ici, bête sauvage? Tu
ne trouveras rien en moi qui t'appartienne, toi le maudit, car je serai
d'ici peu dans le sein d'Abraham!"
Et ayant exorcisé le démon loin de son corps, Martin
tourna sa face vers le mur et rendit son âme à Dieu. C'est ainsi qu'on
été les relations entre les saints et le démon, depuis les débuts du
monde.
Martin fut enterré à Tours. Son successeur, saint
Brice, bâtit une chapelle au dessus de sa tombe, et elle fut par la
suite remplacée par une basilique. Il fut un des saints les plus
populaires du Moyen-Age, et son tombeau était et est toujours un grand
lieu de pélerinage où nombre de miracles s'accomplissent.
Evangélisateur de
Bien que le saint aspirait à devenir ermite, l'Eglise
le força à mener sa vie d'évêque aimant et énergique à Tours.
(Attwater, Bénédictins, Bentley, Delaney,
Encyclopaedia, Husenbeth, Monceaux, Severus, Walsh, Watkin, White).
Saint Martin est la plupart du temps représenté en
jeune soldat à cheval, partageant sa cape avec un mendiant, mais parfois
on le monde en évêque avec un mendiant à ses pieds ou près de lui, ou en
armure avec les symboles épiscopaux. Son emblème est un globe de feu sur
sa tête pendant qu'il dit
Saint Martin est vénéré à Tours. Il est le saint
patron des armuriers, mendiants, cavalerie, tonneliers, animaux
domestiques, de
Merci à Jean
Michel Dossogne pour le partage de ce texte |
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