![]() |
Passioniste ... Passion - aimant |
![]() |
|||
|
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
|||||
| accueil | saints et saintes | prières | enseignements | liens divers | nouvelles passionistes |
| Janvier |
Bienheureux
Paul DJIDJOV
Le bienheureux
Pavel (Paul) Djidjov naît en 1919 à Plovdiv en Bulgarie. Ses parents
sont de fervents chrétiens, de rite latin. Au baptême, il reçoit le nom
de Joseph. Il fait sa scolarité dans deux collèges assomptionnistes de
Plovdiv, de 1926 à 1938. Le 2 février 1938, il entre au noviciat des
Assomptionnistes à Nozeroy dans le Jura français. Il y reçoit le nom de
Pavel (Paul). Il fait ses études de philosophie et de théologie à Lormoy,
près de Paris, et en 1942 il émet ses vœux perpétuels. A la suite d'une
maladie pulmonaire, il rentre en Bulgarie où il continue ses études,
mais sans suivre le régime commun. Il est ordonné prêtre le 26 janvier
1945 à Plovdiv.
On l'envoie
d'abord à Varna où il se spécialise en économie et en sciences sociales,
pour servir ensuite à la direction des affaires de la Congrégation. Avec
les autres étudiants qui sont communistes, il n'a pas peur de discuter
pied à pied, même dans le domaine économique, ce qui lui vaut bien sûr
d'être déjà 'fiché', mais il a une grosse influence sur les autres
étudiants. Il enseigne aussi à l'école de Varna. Ensuite, il est envoyé
au grand collège assomptionniste de Plovdiv comme économe. Il est très
aimé des collégiens au milieu desquels il vit sans cesse. Il a de
l'humour, c'est un excellent sportif, un entraîneur, notamment avec son
club 'La locomotive'. Tout le monde dans la ville connaît sa franche
opposition au communisme et la police le surveille continuellement; il
le sait. Aussi quand il apprend que des prêtres sont arrêtés, il écrit:
"Nous attendons notre tour." La nuit du 4 juillet 1952, il est arrêté au
séminaire de Plovdiv avec le Père Kamen Vitchev. Il vient en second
après lui sur la liste des inculpés, ce qui montre combien on redoutait
son influence. Il est exécuté dans la cour de la prison de Sofia avec
les deux autres bienheureux assomptionnistes dans la nuit du 11 au 12
novembre 1952. "La courageuse cohérence de vie des Pères Josaphat, Kamen
et Pavel face à la souffrance et à la prison a été reconnue par leurs
anciens élèves - catholiques, orthodoxes, juifs et musulmans -, par
leurs paroissiens, par leurs confrères religieux et par leurs compagnons
de peine." (Jean Paul II)
NOTE SUR LES
ASSOMPTIONNISTES EN BULGARIE
Les Augustins de
l'Assomption, appelés 'Assomptionnistes', sont fondés en 1850 par le
Père d'Alzon. En 1862, le Bienheureux Pie IX, pape missionnaire, déclare
au Père d'Alzon: "Je bénis vos œuvres d'Orient et d'Occident."…Alors que
les Assomptionnistes n'ont encore rien créé en Orient! Le Père d'Alzon
prend cela comme une invitation prophétique à faire quelque chose dans
cette direction-là afin que, selon sa devise, "le Règne de Dieu arrive"
(Adveniat Regnum tuum) et en 1863 il envoie un Père - un seul - en
Bulgarie. C'est le point de départ de la "Mission d'Orient" des
Assomptionnistes. Elle prospère car les vocations affluent. Les
Assomptionnistes créent petits séminaires et collèges, dont le grand
collège Saint-Augustin à Plovdiv, en 1880, où se formera toute
l'intelligentsia du pays. En 1900, les lois anti-religieuses en France
ont un contrecoup positif en Bulgarie, car beaucoup de religieux
contraints de s'exiler arrivent en Bulgarie et parmi eux, beaucoup de
prêtres ou de séminaristes prennent goût à la Mission d'Orient. Dans la
pensée des fondateurs, l'œuvre d'Orient voulait faciliter le retour à
l'unité des orthodoxes bulgares (eux-mêmes connaissaient un mouvement
dans ce sens-là). Dès le début ils voulaient aussi susciter un clergé
autochtone de rite oriental.
En 1948, les
communistes arrivant au pouvoir, les missionnaires étrangers sont
chassés et toutes les œuvres sont détruites ou confisquées. (A la fin de
son homélie de béatification, Jean Paul II demandera à l'Église bulgare
de reconstruire le séminaire) Quant aux religieux et religieuses qui
restent au pays, ils sont confinés dans leurs églises et sacristies.
(Ainsi une religieuse carmélite, qui a témoigné au procès, a vécu 38 ans
enfermée dans le chœur d'une église.) Des prêtres sont emprisonnés. Si
les communistes se sont 'intéressés' spécialement à nos trois
bienheureux, c'est qu'ils les considéraient comme des chefs de file,
étant très connus et influents dans le pays. Ils sont fusillés en 1952.
Il a fallu attendre la chute du communisme pour avoir accès aux archives
et connaître le lieu approximatif et la date de leur mort, car les
communistes avaient peur qu'on vienne les vénérer comme des martyrs: ils
ont été exécutés dans la nuit du 11 au 12 novembre 1952, dans la prison
de Sofia, en même temps que le bienheureux Vincent Bossilkov, évêque
passioniste, béatifié en 1998. Si les trois Pères Assomptionnistes ont
été béatifiés plus tard que lui, c'est à cause des communistes qui
menaçaient, au cas où l'on ouvrirait le procès de béatification, de s'en
prendre aux confrères vivant encore dans le pays. Des orthodoxes aussi
ont été persécutés pour la même foi au Christ. Il y a là une valeur
œcuménique. "Nous sommes unis sur la toile de fond des martyrs. Nous ne
pouvons pas ne pas être unis", disait Jean Paul II au Colisée, le
Vendredi Saint 1994.
|
||||