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Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime |
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| Janvier |
Sainte Rebecca
CHOBOQ AR RAYES
"En canonisant
Rafqa Choboq Ar-Rayes, l'Église met en lumière le mystère de l'amour
donné et accueilli pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Moniale
de l'Ordre libanais maronite, elle a désiré passionnément aimer Dieu et
donner sa vie pour ses frères." (Jean Paul II)
Elle naît à
Himlaya, village de la montagne libanaise à une trentaine de kilomètres
de Beyrouth: c'était le 29 juin 1832 en la fête des Saints Pierre et
Paul. Au baptême, on lui donne le nom de Boutrossieh (Pierrette ou
Pétronille (Pietra), nom de la fille présumée de Saint Pierre). Sa
famille est très chrétienne et pauvre. Sa mère meurt en 1839 alors que
la fillette n'a que sept ans, ce qui crée un grand vide en elle. A 10
ans elle doit s'arracher à la maison familiale car la pauvreté oblige
son père à la placer comme petite servante à Damas dans une famille
chrétienne maronite où elle passe quatre ans. Revenue chez elle en 1847,
elle trouve son père remarié. Nouveau sujet de souffrances. Sa beauté
pousse sa marâtre à vouloir la marier à son frère, tandis que sa tante
la voudrait pour son fils. D'où conflit. Mais elle se sent appelée à la
vie religieuse.
Elle entre alors
comme domestique puis sœur lai chez les "Mariamettes", Congrégation
fondée depuis peu par le Père Joseph Gemayel. Elle prend le nom de Sœur
Anissa (Agnès). Ses parents viennent dans l'intention de la ramener à la
maison. Elle refuse de les rencontrer. En 1860, les Druzes massacrent
les chrétiens dans le Chouf. Sœur Anissa sauve un enfant en le cachant
dans sa robe. En 1862, elle fait ses vœux temporaires et travaille comme
cuisinière au séminaire de Ghazir. En 1863, elle est institutrice à Maad
dans la région de Jébail. Elle fonde une école pour l'éducation des
jeunes filles. Elle reste là 7 ans. En 1871 sa Congrégation en crise est
dissoute. La Sœur est troublée. Une nuit en songe, elle voit Saint
Georges, Saint Simeon le stylite et Saint Antoine le grand, père des
moines, qui lui disent à deux reprises: "Entre dans l'Ordre Libanais
Maronite". Elle est reçue en 1871 au couvent de Saint Simon à Aito au
nord du Liban. On lui donne le prénom de sa mère: Rafqa. Elle fait sa
profession solennelle en 1872. Elle restera dans ce couvent 26 ans.
Après quelques 13
ans de vie religieuse, le Dimanche du Rosaire, à genoux devant le Saint
Sacrement, elle demande au Seigneur de lui accorder la grâce de lui
ressembler dans sa Passion. Le Seigneur exauce sa prière. C'est une
nouvelle page qui s'ouvre dans sa vie, une page de douleur salvatrice.
Le soir avant de dormir, elle sent un mal insupportable à la tête, qui
par la suite atteint ses yeux qui se gonflent démesurément. Consulté, un
médecin s'avise de faire une saignée, laissant une blessure ouverte
qu'il nettoie de temps en temps, lui causant des douleurs intolérables.
Cependant elle les supporte de bonne grâce en les associant à celles du
Christ. Un chirurgien croit bon de faire une opération à l'œil droit
pour faire disparaître l'enflure. Elle refuse d'être anesthésiée.
L'opération échoue complètement et l'œil est perdu. Indignée une
personne présente s'en prend au médecin mais Rafka, malgré sa douleur,
dit au chirurgien: "Que Dieu bénisse tes mains et te récompense" et elle
demande à l'autre personne de lui verser ses honoraires.
En 1897, l'Ordre
Libanais Maronite décide de fonder un couvent à Jrabta dans la région de
Batroun. Six moniales sont choisies dont Rafqa car elle est très aimée
et les sœurs espèrent la prospérité du nouveau monastère grâce à ses
prières. Elle a encore 17 ans à vivre dans des souffrances indicibles.
Malgré tout, autant qu'elle le peut, elle participe aux travaux
domestiques et à la prière chantée en syriaque. En 1899 elle devient
complètement aveugle et ses membres se désarticulent; elle est atteinte
de tuberculose ostéo-articulaire (selon les médecins). Elle passe les 7
dernières années de sa vie étendue sur le côté droit de son corps. Son
visage demeure rayonnant et paisible. Rafqa a vécu 82 ans, dont 29 dans
la souffrance. Elle meurt le 23 mars 1914 en appelant Jésus, Marie et
Joseph. Elle est enterrée dans son monastère Saint Joseh-Jrabta. Une
lumière splendide apparaît sur sa tombe pendant deux nuits consécutives.
"La glorification
de Sœur Rafqa est un motif de joie profonde pour l'Église, en
particulier pour tous les chrétiens libanais. Au Moyen-Orient ravagé par
tant de conflits meurtriers et par tant de souffrances injustes, le
témoignage de cette religieuse libanaise demeure une source de confiance
pour ceux qui sont éprouvés. Elle a vécu de façon éminente la dimension
missionnaire de sa vie consacrée, puisant dans la Trinité la force
d'offrir sa vie pour le monde. Puissent les malades, les affligés, les
réfugiés de guerre et toutes les victimes de la haine d'hier et
d'aujourd'hui trouver en Sainte Rafka une compagne de route afin que,
par son intercession, ils continuent de rechercher dans la nuit des
raisons d'espérer encore et de bâtir la paix!" (Jean Paul II)
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