Saint Théodore le Studite
Moine
Byzantin 759 – 826

1. Biographie
Théodore naquit en 759 à Constantinople
d’une grande famille iconodoule, qui s’est
rendue célèbre au service de l’empereur et
de l’Eglise. Sous l’influence de son oncle
Platon, higoumène du monastère des Symboloi
sur le mont Olympe en Bythinie, toute la
famille entre au monastère. Sur une
propriété familiale, Photinos et ses trois
fils, dont Théodore, fondent le monastère de
Sakkoudion, dirigé par Platon. Théodore,
ordonné prêtre en 787, remplace Platon,
tombé malade en 794.
Il est emprisonné une première fois pour
s’être opposé au mariage adultère de
l’empereur Constantin VI, qui avait répudié
sa femme et épousé sa maîtresse. Bien que
béni par un prêtre et toléré par le
patriarche Taraise pour sauvegarder la paix,
les moines de Sakkoudion, opposés à ce
mariage, sont dispersés.
En 797, Constantin VI est renversé et
remplacé par sa mère, Irène. Les moines sont
rappelés. Le monastère devenu trop petit,
Théodore et Platon se rendent à
Constantinople où l’impératrice Irène leur
donne le monastère désaffecté de Stoudios
qui devient un centre monastique important.
De là, Théodore anime un nombre
impressionnant de moines, un millier
environ, qui suivent le même mode de vie,
repartis dans de petits monastères. En 802,
Irène est renversée à son tour, et Théodore
connaît de nouveau la prison avant d’être
envoyé en exil.
En 811, à la mort de l’empereur, le pape
intervient pour restaurer la paix.
2. La Crise Iconoclaste
En 813, Léon V l’Arménien s’engage dans une
nouvelle lutte destructrice des icônes. Avec
le patriarche Nicéphore, Théodore défend le
culte des images. Il organise une procession
où ses centaines de moines promènent et
vénèrent les images. En riposte, les moines
du Stoudios sont dispersés et Théodore
exilé. Il anime la résistance qui lui vaut
non seulement de subir l’emprisonnement mais
encore la flagellation.
En 820, Léon l’Arménien est assassiné
pendant l’office de Noël. Théodore rentre à
Constantinople accueilli en martyr avec son
frère Joseph.
S’opposant encore une fois au nouvel
empereur Michel le Bègue qui veut convoquer
un concile contradictoire sur les images
saintes, alors que la question avait été
tranchée au concile de 787, Théodore se voit
refuser l’accès au Studios. Il reconstitue
sa communauté à Crescens (Constantinople)
puis à Prinkipo où il meurt probablement en
826.
Œuvres
Elles consistent essentiellement en des
catéchèses lues à l’office de Prime
adressées aux moines en vue de leur
enseigner l’esprit monastique. En cela
consiste la diaconie (service) de
l’higoumène. Il n’y manque jamais car il
sait que les divisions dans une communauté
proviennent d’un manque de formation à la
vie spirituelle, monastique. Elles
constituent aussi la guidance de ses moines
pendant la dispersion. Théodore y implique
toute sa personnalité, tout l’amour qu’il
leur porte comme à des enfants bien aimés.
Homme de sagesse, il les met en garde contre
les excès ascétiques.
Sa spiritualité
Il est le réformateur de la vie cénobitique
(vie en communauté sous la dépendance d’un
supérieur). Dans la vie monastique le moine
est soumis à l’higoumène, la vie commune est
le vrai martyre. « Malheur à celui qui vit
seul », dit-il. Il est plus facilement la
proie du démon. Le combat contre celui-ci se
fortifie en communauté. La vie cénobitique
est la réalisation du Royaume de Dieu, la
réintégration dans le Paradis. Le Christ
lui-même n’a pas embrassé la vie érémitique
(vie dans la solitude) mais notre vie de
subordination. Il insiste sur la diaconie
(non choisie) de chacun au sein de la
communauté comme lieu de sanctification. La
particularité du moine se trouve dans le
renoncement, dans une vie de dépendance et
d’obéissance qui le met au service des
autres. Aux moines qui récriminent, parce
qu’ils sont pauvres à cause du grand nombre,
Théodore rappelle qu’ils n’ont jamais manqué
du nécessaire.
L’imitation du Christ, fondement de sa
spiritualité, constitue, selon lui, une
mystique nuptiale : Ouvre au Christ les
portes de ton cœur, fais-le entrer,
tiens-toi près de lui, habite avec lui,
soupe avec lui.
L’essentiel est de prendre conscience de la
philanthropie du Christ à notre égard et
d’être enflammé d’amour pour lui. Notre âme
ressemble à une jeune fille conduite au lit
nuptial.
Cette imitation est cependant personnelle, à
chacun selon son état. De toute façon, le
moine imitera la douceur, la patience et les
vertus du Christ ; il recevra les épreuves
comme participation à sa passion. Ainsi le
moine devient-il image de celui qu’il imite.
La confession de foi en faveur des icônes
est capitale dans sa vie. C’était sa
béatitude. Beaucoup sont morts pour les
avoir défendues. Vouloir les supprimer
serait nier l’incarnation du Christ.
Il aurait voulu vivre dans un monastère mais
toujours il en a été chassé, séparé de ses
moines. S’il insiste sur la joie d’être
persécuté pour le Christ, c’est que lui-même
l’a connue.
Valère De Pryck
Sources : Les Pères dans la Foi, Théodore
Stoudite, petites catéchèses, Migne, 1993
R.P. Julien Leroy o.s.b., Théologie de la
Vie mystique, XX Saint Théodore Studite,
Aubier 1961
R.P. Bénédictins de Paris, Vies des Saints
et Bienheureux, Letouzey et Ané, 1941
http://orthodoxie.centerblog.net/560233-Saint-Theodore-le-Studite