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Saint Willibrord
de Northumbrie,
Né en Northumbrie, Angleterre, 658; mort à
Echternach, Luxembourg, 739. Son nom indique qu'il est de lignée Saxonne
('Willi' est une grande divinité de la mythologie nordique; 'brord'
indique 'sous la protection de').
Willibrord, premier archevêque d'Utrecht, est un des
missionnaires envoyés par les Chrétiens Anglo-Saxons un siècle après
qu'ils aient eux-même été christinianisés par des missionnaires dans le
Sud et l'Est de l'Angleterre, venus de Rome et du Continent, et par le
nord et l'ouest via les peuples Celtiques d'Ecosse, Irlande et Pays de
Galles.
Notre information sur Willibrord provient de saint
Bède le Vénérable (Histoire de l'Eglise et du peuple Anglais, 5, 10-11)
et d'une biographie de son jeune parent, le Bienheureux Alcuin, ministre
de l'éducation sous l'empereur Charlemagne. Willibrord naquit en
Northumbrie vers 658, et étudia en France et en Irlande.
Bien que leur nom de famille était clairement païen,
ses parents étaient Chrétiens. Le père de Willibrord était un si pieu
Chrétien qu'à ses frais, il fonda un petit monastère près de la mer et
partit y vivre.
Comme beaucoup d'enfants de l'époque, à 7 ans,
Willibrord fut envoyé dans un autre monastère, à Ripon, pour y être
éduqué sous saint Wilfrid. (
A cette époque, les moines interprétaient fort
librement leur voeu d'attachement à une communauté, et nombre d'entre
eux partaient complèter leur éducation en Irlande, si célèbre pour son
érudition. Durant 12 ans, Willibrord étudia à Rathmelsigi sous les
Saints Egbert et Wigbert, et y fut ordonné prêtre en 688.
C'est à Rathmelsigi que commence la véritable
histoire de Willibrord, car Egbert avait un but favori qu'il partageait
avec nombre de ses moines. Il planifiait d'envoyer des missionnaires sur
le Continent, et en particulier auprès des païens Germains en Frise.
C'était une excellente opportunité pour gagner un peuple entier à Dieu,
et aussi pour gagner la couronne du martyr. Willibrord, âgé de 32 ans,
fut choisit par Egbert pour diriger 11 autres moines Anglais, par delà
On décrit Willibrord comme plus petit que la moyenne
et joyeux. Il apprenait vite une langue, avait bonne éducation, soif
d'aventure, et un grand sens de l'humour. Et surtout, Foi, espérance et
charité.
A l'automne 690, les 12 arrivèrent à Katwijk-aan-Zee,
à l'une des embourchures du Rhin. De là ils suivirent le fleuve jusque
Wij-bij Duurstede (Hollande), et cherchèrent Pépin 2 d'Herstal, maire du
palais de Clovis 2, roi des Francs. Pépin venait juste d'arracher
A peine avait-il rencontré Pépin et reçut son soutien
pour la conversion des Frisons, qu'il partit pour Rome afin de demander
conseil au pape Serge 1er, et recevoir ses ordres pour la mission. Avant
son départ, il fut consacré pour cette oeuvre par ce pape.
Pour sa seconde visite à Rome, en 695, Willibrord
arriva à convaincre le pape Serge 2 que la jeune mission avait besoin
d'un évêque indépendant tant de York que de Pépin 2; et Serge, pour sa
part, réalisa que la seule personne capable de remplir une telle tâche,
qui nécessitait autant de tact que d'énergie, était Willibrord.
Et c'est ainsi qu'il fut consacré archevêque le 22
novembre - le jour de la fête de sainte Cécile, dans l'église
Sainte-Cécile. Probablement parce qu'un Sicilien ne parvenait pas à
prononcer convenablement 'Willibrord', Serge insista pour changer le nom
du saint en 'Clément', un choix qui pourrait avoir été influencé par la
douceur flegmatique de l'Anglois. Serge le renvoya dans son troupeau,
avec quelques reliques et le titre d'archevêque des Frisons.
De retour dans ses brumes nordiques,
Clément-Willibrord, qui utilisera rarement son nom latin, crèera son
siège à Utrecht. Ainsi, il inaugurera une colonie anglaise en Europe
continentale, qui aura une forte influence religieuse durant 100 ans.
Au contraire des évêchés modernes, remplis
d'administrateurs et d'équipement, l'archiépiscopat de Willibrord était
vivant. Il était sans arrêt en chemin, comme ses moines missionnaires,
prêchant de village en village. Progressivement, il fonda dans chaque
hameau une paroisse, avec son propre prêtre et les liturgies illuminées
par l'esprit Bénédictin. Willibrord et saint Boniface de Crediton furent
ensemble responsables de l'institution de chorepiscopi, 'évêques
régionnaires', dans cette partie de l'Europe occidendale, afin de les
aider dans leur travail.
Willibrord était adroit pour traiter avec les
puissants du lieu, qui avaient les terres, l'argent et la puissance
nécessaire pour soutenir son oeuvre. Il utilisa ces grands, en fit des
serviteurs de l'Evangile, mais ne leur fut jamais subordonné, ni prêt à
donner sa bénédiction pour leurs folies. Il obtint d'eux de grandes
étendues de terres qu'il transforma en villages et paroisses, comme
Alphen dans le nord Brabant. Avec leur argent, il fonda des monastères
qui servirent de centres d'illumination intellectuelle et religieuse.
Willibrord était apparement opposé au travail des
Culdees, qu'il rencontra.
Vers 700, il fonda un second important centre
missionnaire, à Echternach, sur les bords de
En 714, Willibrord baptisa Charles Martel, le fils de
Pépin le Bref.
Durant la période 715-719, Willibrord expérimenta des
revers durant la révolte des Frisons contre les Francs. A la mort de
Pépin 2, le 16 décembre 714, le duc Radbod, qui lui avait fait
allégeance mais n'avait jamais été convertit, envahit les territoires
qu'il avait perdus contre Pépin d'Herstal. Il massacra, pilla, brûla et
vola tout ce qu'il put trouver portant la marque Chrétienne.
Mais bien vite, la querelle de succession interne à
la famille de Pépin ayant été résolue par l'habileté de Charlemagne,
Radbod et ses alliés de Neustrie furent battus par Charlemagne et ses
Austrasiens, dans la forêt de Compiègne, le 26 septembre 715. Il y aura
encore d'autres soulèvements jusqu'à la mort de Radbod en 719, mais
Willibrord et ses missionnaires seront à même de réparer les dégâts et
de renouveller leur oeuvre. Vers 719, Boniface les rejoignit et
travailla avec eux en Frise durant 3 ans, avant de partir pour
La réussite missionnaire de Willibrord ne fut pas
spectaculaire - la rapidité et le nombre des conversions ont été
exagérées par les auteurs postérieurs - mais ce furent de solides
fondations posées; 'sa charité était manifeste dans son incessant
travail quotidien pour l'amour du Christ' (Alcuin). On l'appelle
l'Apôtre des Frisons.
Il mourrut alors qu'il faisait retraite à Echternach,
le 7 novembre 739. Son maigre corps fut placé dans un sarcophage de
pierre, que l'on peut toujours y voir.
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