SAINT MOINE ZOSIME,
ABBE DE SOLOVETSK
(+1478)

Le moine Zosime, Higoumène de Solovetsk --
un grand astre du Nord russe -- a été le
fondateur de la vie monastique cénobitique
sur l'Ile de Solovetsk. Né dans le diocèse
de Novgorod, dans le village de Tolvui près
du lac Onega. Elevé dès son plus jeune âge
dans la piété, à la mort de ses parents,
Gabriel et Barbara, il donna tous ses biens
et reçu la tonsure monastique.
A la recherche d'un endroit solitaire, le
moine partit vers les rives de la Mer
Blanche, et à l'embourchure du Suma, il
rencontra le moine Germain (commémoré le 30
juillet), qui lui indiqua une île maritime
déserte, où anciennement il avait passé 6
années avec le moine Savvatii (commémoré le
27 septembre).
En l'année 1436 les ermites, ayant fait
heureusement le voyage maritime, mirent pied
sur les îles de Solovetsk. Dieu béni
l'endroit de leur installation par une
vision du moine Zosime, qui vit une belle
église dans le ciel. Les moines
construisirent de leurs propres mains des
cellules et une clôture, et commencèrent à
cultiver et semer la terre. Un jour,
l'automne étant fort avancé, le moine
Germain partit pour le continent chercher
des provisions nécessaires. A cause du
mauvais temps d'Automne, il ne parvint pas à
revenir. Le moine Zosime resta tout Hiver
seul sur l'île. Il souffrit de nombreuses
tentations et lutta avec les diables. La
mort par famine le menaça, mais
miraculeusement deux étranger apparurent et
lui laissèrent une provision de pain, de
farine et d'huile. Au printemps, le moine
Germain parvint à revenir à Solovetsk
ensemble avec un pêcheur appelé Marc, et il
amena des provisions de nourriture et de
matériel pour tisser des filets de pêche.
Quand plusieurs ermites furent rassemblés
sur l'île, le moine Zosime leur construisit
une petite église en bois en l'honneur de la
Transfiguration [Preobrazhenie] du Seigneur,
en même temps qu'un réfectoire. A la demande
du moine Zosime, un higoumène fut envoyé de
Novgorod au monastère récemment formé avec "antimins"
pour l'église. Tels furent les débuts du
renomé monastère de Solovetsk. Les moines
surent arranger leur économie malgré les
conditions sévères de cette île perdue. Mais
l'higoumène, envoyé de Novgorod à Solovetsk,
ne parvint pas à supporter les dures
conditions de vie, et c'est ainsi que les
frères choisirent comme higoumène le moine
Zosime.
Le moine Zosime se précoccupa de renforcer
la vie interne de la communauté, et
introduisit une vie strictement commune. Il
transféra les reliques du moine Savvatii en
1465, du fleuve Vyg à Solovetsk. Le
monastère eut à souffrir de vexations de la
part des boyars (nobles) de Novgorod, qui
confisquèrent les prises de poisson des
moines. Le moine Zosime dût partir pour
Novgorod et demander la protection de
l'archevêque. Sur conseil de l'archevêque,
il fit le tour des maisons des boyars et
leur demanda de ne pas permettre la ruine du
monastère. L'influente et riche boyarina
Martha Boretskaya ordonna impiement de
chasser le moine Zosime, mais se repenti de
son action et l'invita à un repas, durant
lequel il eut la vision de 6 de ces boyars
assis sans leurs têtes. Le moine Zosime
parla de cette vision à son disciple Daniel
et prédit aux boyars une mort imminente. La
prédiction se réalisa en l'an 1478, durant
la prise de Novgorod par Ivan III
(1462-1505); les boyars furent exécutés.
Peu avant sa mort, le moine se prépara un
cerceuil, dans lequel on l'enseveli derrière
l'autel de l'église de la Transfiguration (
+ le 17 avril 1478). Par la suite, on
construisit une chapelle par dessus ses
reliques. Ces dernières, ensemble avec
celles du moine Savvatii, furent transférés
sur le 8 août 1566 dans une chapelle
consacrée à leur mémoire à la cathédrale de
la Transfiguration. Beaucoup de miracles y
furent constatés, comme quand les moines
Zosime et Savvatii apparurent à des pêcheurs
s'abîmant dans les profondeurs de la mer. Le
moine Zosime est aussi connu comme patron
des apiculteurs et le préservateur des
ruchers, et on l'appelle aussi
"l'Apiculteur" ["Pchel'nik"]. Le moine
Zosime aide souvent les malades. Les grand
nombre d'églises d'hôpital qui lui sont
dédiées témoigne du grand pouvoir curatif de
sa prière devant Dieu